RÉFLEXIONS DE FIDEL CASTRO

08 novembre 2010

L’empire et le droit des êtres humains à la vie

Quels barbares ! Me suis-je exclamé après avoir lu jusqu’à la dernière ligne les révélations que le fameux journaliste Seymour Hersh a publiées dans Democracy Now et qui sont présentées comme l’une des vingt-cinq nouvelles les plus censurées aux Etats-Unis.

Le texte, intitulé : « Les crimes de guerre du général étasunien Stanley McChrystal », a été inclus dans le Project Censored, élaboré par une université de Californie qui comprend les paragraphes essentiels de ces révélations.

« Le lieutenant général Stanley McChrystal, qu’Obama a nommé responsable de la guerre en Afghanistan en mai 2009, avait été auparavant le chef de l’Etat-major interarmes des opérations spéciales (JSOC), qui dépendait de Dick Cheney [le vice-président de George W. Bush]. Le gros de la carrière militaire de trente-trois ans du général McChrystal reste classé [autrement dit secret], dont ses services de 2003 à 2008 comme chef du JSOC, une unité d’élite si clandestine que le Pentagone en a nié l’existence pendant des années. Le JSOC est une unité spéciale d’ « opérations noires » [assassinats] de la Navy Seals (Forces spéciales de la marine de guerre) et de Delta Force [des soldats secrets de l’armée chargés d’opérations spéciales, qui s’appelle formellement « Détachement-delta opérationnel des forces spéciales » (SFOD-D), tandis que le Pentagone l’appelle Groupe d’applications de combats (CAG)].

« Seymour Hersh, Prix Pulitzer de journalisme, a révélé que l’administration Bush avait mis en place un ceinturon exécutif d’assassinats qui dépendait directement du vice-président Dick Cheney et au sujet duquel le Congrès ne s’est jamais soucié d’enquêter. Des équipes du JSOC se rendaient dans différents pays, sans même en parler à l’ambassadeur ou au chef de la station CIA, porteurs d’une liste de gens qu’ils recherchaient, qu’ils retrouvaient et qu’ils tuaient, pour repartir ensuite. Il existait une liste de cibles dressée par le bureau du vice-président Cheney. [...] Des personnes furent assassinées dans des dizaines de pays du Moyen-Orient et d’Amérique latine, a affirmé Hersh, qui a ajouté : « Un décret exécutif signé dans les années 70 par le président Ford interdit de telles actions. Ceci ne viole pas seulement ce décret, mais c’est illégal, c’est immoral, c’est contre-productif. »

« Le JSOC a aussi été impliqué dans des crimes de guerre, dont la torture de prisonniers dans des sites de détention secrets, " fantômes" (ghost). Le camp Nama, en Irak, confié au JSOC conduit par McChrystal, fut l’une des installations "fantômes", dont le Comité international de la Croix-Rouge ignorait l’existence et qui a été accusée des pires actes de torture. »

Le général était établi officiellement à Fort Braga, en Caroline du Nord, mais « il fréquentait assidûment le camp Nama et d’autres bases des forces spéciales en Irak et en Afghanistan où opérèrent les forces sous son commandement ».

Le document aborde ensuite un point tout à fait intéressant, quand ces actions entraient en conflit avec des fonctionnaires qui, dans l’exercice de leurs fonctions, étaient contraints de faire des choses qui violaient ouvertement la loi et entraînaient de graves délits.

« Un interrogateur du Camp Nama a raconté qu’on enfermait les prisonniers dans des conteneurs pendant vingt-quatre heures sous des chaleurs extrêmes, puis qu’on les exposait à de très grands froids en les aspergeant périodiquement d’eau glacée, qu’on les bombardait de lumières brillantes et de musique bruyante, qu’on les privait de sommeil et qu’on les tabassait sauvagement.

Le document aborde ensuite les flagrantes violations des principes du droit international et des conventions souscrits par les USA. Les lecteurs cubains se rappelleront comment j’ai raconté dans deux Réflexions nos rapports avec la Croix-Rouge internationale à laquelle nous avions remis un grand nombre de prisonniers de l’armée ennemie tombés entre nos mains durant la défense de la Sierra Maestra et la contre-offensive stratégique menée ensuite contre l’armée cubaine, entraînée et équipée par les USA. Nous n’avons jamais maltraité un seul prisonnier et nous avons soigné immédiatement tous les blessés. Cette institution basée en Suisse pourrait en attester.

« Le Comité international de la Croix-Rouge est l’organe chargé, en droit international, de superviser le respect des conventions de Genève et il a donc le droit d’examiner toutes les installations où sont enfermés les prisonniers de n’importe quel pays en guerre ou sous occupation militaire.

« Expliquant pourquoi aucun autre média n’a suivi cette histoire, Hersh a affirmé : "Mes collègues de la presse accréditée ne la suivent pas souvent, non parce qu’ils ne veulent pas, mais qu’ils ne savent pas où se tourner. Si j’écris quelque chose sur l’Etat-major interarmes des opérations spéciales, qui est apparemment une unité classifiée, comment vont-ils m’en parler ? L’administration me dira que tout ce que j’écris est incorrect ou qu’elle ne peut pas faire de commentaires. Vous vous retrouvez vite au chômage avec des histoires pareilles. Je pense que les rapports avec le JSOC sont en train de changer sous Obama. Il y a plus de contrôle maintenant."

« …la décision de l’administration Obama de nommer le général McChrystal nouveau responsable de la guerre en Afghanistan et le maintien de la juridiction militaire pour les prisonniers qu’ont faits les USA dans leur guerre contre le terrorisme dans la prison de la baie de Guantanamo, sont, hélas, des exemples de la façon dont l’administration Obama suit les traces de Bush.

« Rock Creek Free Press a fait savoir en juin 2010 que Seymour Hersh, intervenant à la Conférence sur le journalisme d’investigation à Genève, avait critiqué le président Obama en avril 2010 et dénoncé que les forces étasuniennes réalisaient des "exécutions sur le champ de bataille" : "Ceux que nous capturons en Afghanistan sont exécutés sur le champ de bataille", a-t-il dit. »

A ce point, le récit recoupe une réalité extrêmement actuelle : le fait que le successeur continue de suivre la même politique que le délirant W. Bush, qui inventa une guerre pour s’emparer des ressources gazières et pétrolières les plus importantes du monde dans une région habitée par plus de 2,5 milliards de personnes, à la suite d’actes commis contre le peuple étasunien par une organisation d’hommes que la CIA recruta et arma pour lutter en Afghanistan contre les soldats soviétiques et qui continue de jouir de l’appui des alliés les plus proches des USA.

La zone complexe et imprévisible dont on se dispute les ressources s’étend du Moyen-Orient aux lointaines limites de la région chinoise du Xinjiang, en passant par l’Irak, l’Arabie saoudite, les Emirats arabes unis, l’Iran et les anciennes républiques soviétiques du Turkménistan, de l’Ouzbékistan, du Kazakhstan, du Kirghizstan et du Tadjikistan, capables de fournir le gaz et le pétrole à l’économie en pleine croissante de la République populaire de Chine et à l’Europe industrialisée. La population civile de l’Afghanistan et d’une partie du Pakistan, un pays peuplé de 170 millions d’habitants et possesseur d’armes atomiques, est victime des attaques des drones yankees.

Parmi les vingt-cinq nouvelles les plus censurées par les grands médias et choisies, comme elle le fait depuis trente-quatre ans, par la Sonoma State University (Californie) pour la période 2009-2010, l’une concerne : « Les crimes de guerre du général Stanley McChrystal » ; deux autres ont trait à notre île : « Les médias ignorent l’aide médicale de Cuba en Haïti » et « Les prisonniers de Guantanamo sont toujours victimes de brutalités », et la quatrième s’intitule : « Obama réduit les dépenses sociales et augmente les dépenses militaires ».

Notre ministre des Relations extérieures, Bruno Rodriguez, avait été le responsable politique de la mission médicale cubaine dépêchée au Pakistan dont le rude Nord-Est avait été ravagé par un terrible séisme et dont de vastes zones peuplées par la même ethnie aux mêmes culture et traditions, furent divisées arbitrairement par le colonialisme anglais en des pays qui tombèrent ensuite sous la coupe des USA.

Dans son intervention d’hier, 26 octobre, devant l’ONU, il a prouvé qu’il était excellemment informé de la situation internationale dans notre monde complexe.

Sa brillante plaidoirie et la Résolution votée hier par l’ONU demandent, par leur importance, des Réflexions que je me propose d’écrire.

Fidel Castro Ruz, le 27 octobre 2010, 21 h 16

Traduction ESTI

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Des nouvelles invraisemblables

J’étais sur le point de conclure des Réflexions sur la destitution de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba lorsque des informations incroyables ont commencé à arriver d'Équateur. J’ai passé des heures à les écouter. Au fur et à mesure que les minutes passent, l’effervescence s’accroît.

A 17h 12, heure cubaine, les condamnations se multiplient. Les leaders latino-américains les plus prestigieux comme Chavez et Evo dénoncent le putsch avec énergie. L’OEA réunie est sans alternative. Ses membres s’indignent et même Mme Chinchilla proteste ; même le nouveau président colombien a dit qu’il soutenait Correa.

Le président Rafael Correa se montre ferme et inébranlable. Le peuple est beaucoup plus organisé. A mon avis, le putsch est déjà perdu.

Même Obama et Mme Clinton n’auront pas d’autre alternative que de le condamner.

Fidel Castro Ruz, le 30 septembre 2010, 17h 38

Traduction ESTI

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Ce qu’ils veulent, c’est le pétrole vénézuélien

J’ai écrit hier ce que je ferais si j’étais Vénézuélien, j’ai expliqué que c’étaient les pauvres qui souffraient le plus des catastrophes naturelles et j’en ai donné les raisons. J’ai ajouté : « Là où l’impérialisme règne et où l’oligarchie opportuniste reçoit une part juteuse des biens et des services nationaux, les masses n’ont rien à gagner ou à perdre, et l’Empire se fiche des élections comme de l’an quarante. Aux USA, même les élections présidentielles mobilisent moins de la moitié des électeurs. »

J’ajouterais aujourd’hui que, même si les élections concernent la totalité de la Chambre de représentants, une partie du Sénat et d’autres postes importants, la proportion reste la même.

Je me suis demandé pourquoi les Yankees utilisent en revanche leurs énormes ressources médiatiques pour tenter d’ensevelir le Gouvernement révolutionnaire bolivarien sous une avalanche de mensonges et de calomnies : ce qu’ils veulent, c’est le pétrole vénézuélien.

Nous avons tous vu en ces journées électorales un groupe de personnages sinistres qui, accompagnés de mercenaires de la presse locale – écrite, radio et télévision – en arrivent à nier jusqu’à l’existence de la liberté de la presse au Venezuela.

L’ennemi a atteint une partie de ses objectifs : empêcher le Gouvernement bolivarien de disposer de l’appui des deux tiers des sièges au Parlement.

L’Empire pense sans doute avoir remporté une grande victoire.

Je pense exactement le contraire : les résultats du 26 septembre constituent une victoire de la Révolution bolivarienne et de son leader, Hugo Chavez Frias.

En effet, la participation à ces élections parlementaires a battu tous les records : 66,45%. L’Empire, malgré ses immenses ressources, n’a pas pu empêcher le PSUV, alors qu’il ne reste plus que six sièges à adjuger, de remporter 95 des 165 sièges du parlement. Et le plus important, c’est l’entrée d’un grand nombre de jeunes, de femmes et d’autres militants combatifs et résolus.

La Révolution bolivarienne dispose aujourd’hui du pouvoir exécutif, d’une large majorité au parlement et d’un parti capable de mobiliser des millions de militants du socialisme.

En revanche, les USA ne peuvent compter que sur des lambeaux de partis, liés par la peur de la révolution et par l’appât du gain.

Ils ne pourront recourir au coup d’Etat, comme ils l’on fait contre Allende au Chili et dans d’autres pays de Notre Amérique.

Les forces armées de ce pays frère, formées dans l’esprit et l’exemple du Libertador et au sein desquelles ont surgi les chefs qui ont lancé la Révolution, en font partie et l’impulsent.

Cet ensemble de forces est invincible. Je ne le verrais pas si clairement sans l’expérience de plus d’un demi-siècle.

Fidel Castro Ruz, le 27 septembre 2010, 03 h 24

Traduction ESTI

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L’hiver nucléaire et la paix

Huit pays possèdent entre eux plus de vingt mille ogives nucléaires: les Etats-Unis, la Russie, la France, le Royaume-Uni, la Chine, Israël, l’Inde et le Pakistan, dont plusieurs ont entre eux de profondes différences économiques, politiques et religieuses.

Le nouveau traité START, que les principales puissances nucléaires ont souscrit à Prague en avril, n’est guère plus qu’une illusion au sujet du problème qui menace l’humanité.

La théorie de l’ « hiver nucléaire », élaborée et perfectionnée par Alan Robock, un éminent chercheur et professeur de l’université Rutgers, de New Jersey, un scientifique modeste qui préfère reconnaître les mérites de ses compagnons plutôt que les siens, s’est avérée véridique.

Pour eux, la seule forme d’éviter le recours aux armes atomiques est de les supprimer. Le peuple étasunien, situé à un endroit privilégié de la planète qui lui permet de jouir des niveaux de vie et de richesse les plus élevés au monde malgré ses incroyables gaspillages de ressources non renouvelables, devrait être celui qui s’intéresse le plus à l’information qu’offre les scientifiques. Pourtant, combien d’espace les médias consacrent-ils à ce sujet ?

Selon Robock, la théorie de l’ « hiver nucléaire » nous a appris ceci :

« Si ces armes n’existaient pas, on ne pourrait pas les employer. Et il n’existe absolument aucun argument rationnel pour le moment qui puisse justifier leur emploi. Si on ne peut les employer, alors il faut les détruire, ce qui nous protégerait des accidents, des erreurs de calcul et de toute attitude démentielle.

« …les ordinateurs qui fonctionnaient à partir de modèles ultramodernes sont devenus le seul laboratoire possible, et les événements historiques – dont les villes rasées par les incendies après les séismes et les bombardements en temps de guerre, les colonnes de fumée des incendies de forêt et les nuages causés par les éruptions volcaniques, sont devenus la pierre de touche des évaluations scientifiques. »

La prolifération des armes nucléaires – au sein d’un club où sont entrés Israël, l’Inde et le Pakistan et auquel d’autres pays aspirent, semble-t-il, à être membres – a obligé Robok et ses compagnons à réviser leurs premières recherches, aboutissant à des résultats surprenants qu’ils ont détaillés dans une série d’articles récents.

Bien que les USA et la Russie se soient engagés à avril à Prague à réduire leur arsenal nucléaire opérationnel à environ deux mille ogives, la seule façon réelle d’éviter une catastrophe climatique mondiale serait d’éliminer les armes atomiques.

« …n’importe quel pays qui envisagerait de s’engager sur la voie nucléaire devrait reconnaître qu’il met en danger, non seulement sa population, mais aussi le reste du monde. Il est temps que le monde pense une bonne fois pour toutes aux dangers des armes atomiques, s’engage sur la voie de la paix et élimine la possibilité d’une catastrophe climatique mondiale provoquée par l’énergie atomique, pour la première fois depuis le milieu du siècle dernier.

« …le recours aux armes nucléaires en cas d’une attaque totale contre une ennemi serait suicidaire, à cause du froid et de l’obscurité anormaux que provoquerait la fumée des incendies causés par la bombe. En réalité, la preuve est faite que plus un pays possède de bombes atomiques et moins il est en sûreté. »

Albert Einstein a affirmé : « Le pouvoir libéré de l’atome a tout changé, hormis notre façon de penser, et c’est pourquoi nous avançons sans cap vers une catastrophe sans précédent. » Carl Sagan avait dit que notre politique des armes atomiques était « une voie sur laquelle personne ne pensait ».

A la fin de sa conférence, j’ai demandé au professeur Alan Robock : « Combien de gens dans le monde connaissent ces données ? » A quoi il m’a répondu : « Très peu. » J’ai ajouté : « Et dans votre pays ? » « Pareil, on ne les connaît pas. »

Ne doutant pas de cette triste réalité, j’ai ajouté : « Ça ne sert à rien de les connaître nous-mêmes, il faut que le monde les connaisse. Peut-être faut-il chercher des psychologues qui nous expliquent pourquoi les masses ne comprennent pas. »

« J’ai une réponse – s’est exclamé le scientifique – ça s’appelle le déni. C’est si horrible que les gens ne veulent pas y penser. Il est plus facile de faire semblant de croire que ça n’existe pas. »

Sa conférence d’une heure, au cours de laquelle il utilisa des graphiques, des données et des photos projetés sur un écran, fut claire, précise, éloquente. Aussi lui ai-je dit : « Qu’est-ce que c’est que conscientiser, quelque chose dont nous parlons tant ? Qu’est-ce que créer de la culture ? Et à quel point vous sentez-vous découragés, vous les scientifiques, de constater que les gens ne savent même pas ce que vous faites, malgré toutes les heures que vous y investissez ? »

Je lui ai dit qu’il aurait été impossible de divulguer une conférence comme la sienne à Cuba ou dans le monde à l’époque où la radio, la télévision et Internet n’existaient pas, à plus forte raison quand tant de gens ne savaient ni lire ni écrire.

J’ai promis au professeur de divulguer l’information qu’il nous avait fournie sur la théorie de l’ « hiver nucléaire » dans un langage que même des enfants cubains de huit ans pourraient comprendre, une théorie que nous connaissions mal, et que je me suis fait un devoir d’écouter à cause de mon inquiétude concernant l’éclatement d’une guerre atomique mondiale.

Aucune autre époque de l’histoire humaine ne ressemble à la nôtre. Si les décideurs, dotés de l’immense pouvoir que la science et la technologie ont mis entre leurs mains ne comprennent pas de tels risques, alors la prochaine guerre mondiale sera assurément la dernière, et des dizaines de millions d’années s’écouleront peut-être avant que de nouveaux êtres intelligents tentent d’en écrire l’histoire.

Le hasard a voulu que, hier, lundi 20, j’aie appris que le bateau de croisière de Peace Boat arriverait le 21 au petit matin à La Havane en provenance des Canaries, avec plusieurs heures de retard à cause des cyclones. Il s’agit d’une ONG internationale qui possède le statut consultatif spécial auprès de l’ONU et qui organise depuis 1983 des voyages dans le monde pour promouvoir la paix, les droits humains, le développement juste et durable et le respect de l’environnement, et qui a été candidate en 2009 au Prix Nobel de la paix en raison de sa campagne mondiale pour prévenir la guerre.

Yoshioka Tatsuya, fondateur et directeur de Peace Boat, m’a fait parvenir à travers le chef des visiteurs, Nao Inoue, une lettre où il affirme :

« Notre organisation travaille depuis des années, et récemment nous collaborons avec des pays de l’ALBA… qui s’engagent clairement envers l’abolition des armes atomiques, la prohibition des bases militaires étrangères et le règlement pacifique des différends internationaux. […] Le Japon, le seul pays, vous le savez, à avoir souffert un bombardement atomique, conserve toujours une Constitution pacifiste dont l’article 9 stipule formellement le non-recours à la guerre et interdit le recours à la guerre dans les différends internationaux.

« …un des thèmes spécialement intéressants de notre action est la suppression des bases militaires étrangères, une situation que connaissent le Japon et différents endroits du monde, et nous jugeons que des bases étrangères comme celles qui existent à Guantanamo y Okinawa causent des dommages irréversibles à l’environnement et fomentent la guerre et non la paix mondiale. »

Peace Boat a organisé soixante-dix voyages à travers le monde, y compris celui-ci, qui ont permis à non moins de quarante mille personnes de visiter plus de cent pays. Son slogan est : « Apprends des guerres du passé pour bâtir un avenir de paix. »

En vingt ans, cette ONG a envoyé son navire dans notre pays à quatorze reprises, surmontant les obstacles et les écueils imposés par les USA ; elle mène des campagnes de dons importants aux secteurs de l’éducation et de la santé, fondamentalement.

Elle est présente aux nombreuses réunions et rencontres internationales de solidarité avec Cuba. C’est une amie vraiment solide de notre patrie. Elle a été décorée en mai 2009 de l’ordre de la Solidarité que décerne le Conseil d’Etat de la République de Cuba sur proposition de l’Institut cubain d’amitié avec les peuples (ICAP.

Ça a été pour moi un grand honneur d’avoir été invité à une réunion avec une représentation des visiteurs, et je leur ai alors proposé de le faire au palais des Congrès pour qu’elle soit la plus nombreuse possible. M. Nao Inoue a pris la parole, ainsi que Mme Junko Watanabe, une survivante, qui n’avait que deux ans quand la première bombe atomique fut larguée sur Hiroshima : elle se trouvait avec un petit frère dans la cour de chez eux, à dix-huit kilomètres du point d’impact de la bombe qui fit disparaître le plus gros de la ville, tua sur le coup plus de cent mille personnes et causa de graves dommages au reste des habitants.

Elle a raconté ses souvenirs dramatiques, quand, des années plus tard, elle vit les images et apprit les détails de ce bombardement brutal qui causa tant de souffrances à tant d’innocents qui n’avaient rien à voir. L’utilisation de cette arme de destruction massive, alors que l’empire japonais était déjà vaincu, fut un acte inutile conçu à dessein pour terroriser le monde, car elle fut larguée, non sur une installation militaire, mais une population civile désarmée. Les images de ce crime épouvantable n’expriment pas autant que la voix de Junko Watanabe le racontant. J’ai saisi l’occasion pour exposer mes vues et informer nos amis japonais, qui se battent pour abolir les armes atomiques, les bases militaires et la guerre, des efforts que consent notre patrie pour éviter un conflit nucléaire qui pourrait liquider notre espèce humaine.

Fidel Castro Ruz, le 21 septembre 2010, 19 h 12

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21 septembre 2010

L'HYPOCRISIE INFINIE DE L'OCCIDENT

Bien qu’il ait publié avant et après des articles sur cette question, le journal mexicain La Jornada lui en a consacré un très impressionnant, le 1er septembre 2010, intitulé : « L’holocauste des Roms : hier et aujourd’hui », qui rappelle une histoire vraiment dramatique. Je vais en citer des extraits textuels qui reflètent des faits absolument bouleversants dont l’Occident et surtout son colossal appareil médiatique ne disent mot.

1496 : essor de la pensée humaniste. Les peuples Roms d’Allemagne sont déclarés traîtres aux pays chrétiens, espions à la solde des Turcs, porteurs de la peste, sorciers, bandits et voleurs d’enfants.

1710 : siècle des Lumières et de la Raison. Un édit envoie à la potence, sans autre forme de procès, tous les Roms adultes de Prague. Les jeunes et les femmes sont mutilés. En Bohème, on leur coupe l’oreille gauche. En Moravie, l’oreille droite.

1899 : apogée de la modernité et du progrès. La police de Bavière crée une section spéciale des questions Roms. En 1929, cette section devient un Centre national qui est transféré à Munich puis, en 1937, à Berlin. Quatre ans après, un demi-million de Roms meurent dans les camps de concentration d’Europe centrale et de l’Est.

Eva Justin, assistante du docteur Robert Ritter, de la Section d’investigations raciales du ministère allemand de la Santé, affirme que le sang Roms est extrêmement dangereux pour la pureté de la race allemande. Et un certain docteur Portschy adresse un mémorandum à Hitler pour lui suggérer de condamner les Roms aux travaux forcés et de les stériliser en masse car ils mettent en danger la pureté du sang du paysannat allemand.

Taxés de criminels invétérés, les Roms commencent à être arrêtés en masse ; dès 1938, ils sont incarcérés dans des blocs spéciaux des camps de Buchenwald, de Mauthausen, de Gusen, de Dautmergen, de Natzweiler et de Flossenburg.

Dans un camp de Ravensbruck lui appartenant, Heinrich Himmler, le chef de la Gestapo (SS), crée un espace pour sacrifier les femmes Roms soumises à des expérimentations médicales. Cent vingt fillettes Roms sont stérilisées. Des femmes Roms mariées à des non-Roms sont stérilisées à l’hôpital de Dusseldorf-Lierenfeld.

Des milliers d’autres Roms sont déportés de Belgique, de Hollande et de France vers le camp polonais d’Auschwitz. Dans ses Mémoires, Rudolf Hess (le commandant du camp) raconte que des quasi-centenaires, des femmes enceintes et un grand nombre d’enfants faisaient partie de ces déportés.

Aucun des cinq mille Roms du ghetto de Lodz (Pologne) […] ne survécut.

En Yougoslavie, Roms et juifs étaient exécutés pareillement dans le bois de Jajnice. Les paysans se rappellent encore les cris des petits Roms conduits sur les lieux d’exécution.

Dans les camps d’extermination, seul l’amour des Roms pour la musique leur servit parfois de consolation. À Auschwitz, affamés et pouilleux, ils se réunissaient pour jouer et encourageaient les enfants à danser. Mais le courage des guérilleros Roms de la résistance polonaise dans la région de Nieswiez resta légendaire.

La musique fut un facteur qui maintînt leur unité et les aida à survivre, tout comme la religion le fut chez les chrétiens, les juifs et les musulmans.

Dans une série d’articles parus dès fin août, La Jornada a rappelé des événements presque oubliés sur le sort des Roms en Europe qui, bien que victimes du nazisme, ne furent pas pris en considération après le procès de Nuremberg en 1945-1946.

Le gouvernement du chancelier Konrad Adenauer déclara que l’extermination des Roms avant 1943 avait obéi à des politiques d’État légales, si bien que les victimes d’avant cette date ne reçurent aucune indemnisation. Robert Ritter, l’expert nazi en extermination des Roms, fut libéré. Ce n’est qu’en 1982, soit trente-neuf ans après, qu’il fut reconnu que les victimes avaient droit à des indemnisations, mais la majorité était déjà morte.

Plus des trois quarts des Roms, calculés entre 12 et 14 millions, vivent en Europe centrale et de l’Est. La Yougoslavie socialiste de Tito fut la seule à reconnaître aux Roms les mêmes droits qu’aux minorités croates, albanaises et macédoniennes.

Le journal mexicain qualifie de « particulièrement perverse » la déportation massive de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie ordonnée par le gouvernement de Sarkozy, un juif d’origine hongroise. Qu’on ne prenne pas ça pour de l’irrespect de ma part : ce sont les termes mêmes du journal.

On calcule que deux millions de Roms vivent en Roumanie, pays allié des USA et membre illustre de l’OTAN, dont le président, Traian Basescu, a qualifié une journaliste de « sale Tsigane ». Quelqu’un de très délicat et d’une politesse exquise, on le constate…

Le site web Univisión.com a commenté les manifestations organisées contre l’expulsion de Roms et contre la « xénophobie » en France. Selon l’agence de presse AFP, environ « cent trente manifestations devaient se dérouler en France et devant les ambassades françaises de plusieurs pays de l’Union européenne, avec le soutien de dizaines d’organisations des droits humains, de syndicats et de partis de gauche et d’écologistes ». La longue dépêche évoque la participation de personnalités connues de la culture, comme Jane Birkin et la cinéaste Agnès Jaoui, et rappelle que la première a fait partie, aux côtés de l’ancien résistant à l’occupation nazie de France (1940-1944), Stephane Hessel, du groupe qui eut ensuite des entretiens avec des conseillers d’Eric Besson, le ministre de l’Immigration.

« "Ça a été un dialogue de sourds, mais il est bon qu’il ait eu lieu pour leur montrer qu’une bonne partie de la population se dresse contre cette politique nauséabonde", a déclaré le porte-parole du réseau Education sans frontières… »

            D’autres nouvelles abordent ce point épineux. Selon l’article de Ricardo Martinez de Rituerto, sur elpais.com, « le Parlement européen a cloué hier au pilori la France et Nicolas Sarkozy pour leur rapatriement de milliers de Roms roumains et bulgares, à la suite de débats tendus au cours desquels l’attitude de José Manuel Durão Barroso et de la Commission a été qualifiée de scandaleuse et de ridicule, compte tenu de leur apparente pusillanimité à condamner les décisions de Paris comme illégales et contraires au droit communautaire ».

La Jornada a fourni dans un autre article une donnée sociale impressionnante : la mortalité néonatale des Roms est neuf fois plus élevée que la moyenne européenne, et leur espérance de vie dépasse à peine cinquante ans.

            Le journal mexicain avait informé le 29 août :

Bien que les critiques n’aient pas manqué, aussi bien de la part des institutions de l’Union européenne que de l’Église catholique, de l’ONU et d’une vaste gamme d’organisations travaillant auprès des émigrés, Sarkozy insiste pour expulser et déporter des centaines de citoyens bulgares et roumains, des citoyens européens, donc, au motif de leur nature prétendument "criminelle".

On a du mal à croire qu’en 2010, après le terrible passé de l’Europe en matière de racisme et d’intolérance, qu’une ethnie entière puisse encore être ainsi criminalisée et signalée en bloc comme un problème social.

L’indifférence, voire la complaisance face aux actions aujourd’hui de la police française, hier de la police italienne, et en général européenne, laissent pantois les observateurs les plus optimistes.

            Soudain, tandis que j’écrivais ces Réflexions, je me suis rappelé que la France était la troisième puissance nucléaire de la planète et que Sarkozy possédait lui aussi un attaché-case qui contient les codes autorisant le lancement de l’une des plus de trois cents bombes que possède ce pays. De quel droit moral peut-on dès lors lancer une attaque contre l’Iran, que l’on condamne pour sa prétendue intention de fabriquer une bombe atomique ? Où sont la sagesse et la logique de cette politique ?

            Supposons que Sarkozy perde soudain la tête, comme il semble que c’est en train d’arriver… Que ferait en l’occurrence le Conseil de sécurité des Nations Unies de Sarkozy et de son attaché-case ?

            Que se passerait-il si l’extrême droite française décidait d’obliger Sarkozy à suivre une politique raciste en contradiction avec les normes de l’Union européenne ?

            Le Conseil de sécurité pourrait-il répondre à ces deux questions ?

            L’absence de vérité et la primauté du mensonge sont la pire tragédie à notre périlleuse ère nucléaire.

Fidel Castro Ruz, le 12 septembre 2010, 18 h 57

Traduction ESTI

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03 septembre 2010

LA CHAPITRE PRINCIPAL DU DERNIER LIVRE

Après les deux Réflexions dans lesquelles j’ai cité longuement le livre de Daniel Estulin, La véritable histoire du Club Bilderberg,  l’auteur m’a envoyé un message où il me demandait un entretien. Mais il souhaitait que je lise auparavant un chapitre important de son nouveau livre sur le point de paraître en anglais.

On me l’a remis hier, traduit ici. Son contenu, spectaculaire, mérite d’être analysé dans ses aspects essentiels. J’en ai choisi quelques paragraphes pour donner une idée de ce chapitre dont des données importantes constituent un défi pour les techniciens.

L’auteur commence par affirmer :

Voici le chapitre le plus étrange jamais écrit dans un livre, dans celui-ci ou dans n’importe quel autre… Les dernières pièces du puzzle seront mises en place pour que vous ayez une idée du monde où nous vivons… Il ne vous sera pas facile d’y croire pour des raisons purement psychologiques. Cela pourrait être dû en partie à la mentalité servile qu’a créée en nous la propagande inhumaine qui a inondé l’humanité depuis le XIXe siècle.

…de petits groupes de conspirateurs ont agi contre Cuba, le Laos, l’Afghanistan et le Nicaragua. Pendant des décennies, ils ont été impliqués dans tout, depuis les drogues et le trafic d’armes jusqu’à l’assassinat, la guerre secrète et le terrorisme déclaré.

Des gens comme George H.W. Bush ; William Casey, ancien directeur  de la CIA ; […] Oliver North, l’ancien fer de lance de l’Iran-contras ; et Mike Harari, le sous-chef du Mossad, font partie de cette liste  d’agents d’opérations secrètes les plus notoires.

Ce chapitre traite des armes de destruction massive. Les armes atomiques, les armes nucléaires, les mini-armes nucléaires.

Nous analyserons dans ce chapitre l’attentat à la bombe perpétré à Oklahoma, dont on a accusé l’extrême droite étasunienne ; celui de Bali, dont on a accusé les terroristes islamiques ; l’assassinat de Rafiq Hariri, dont on a accusé la Syrie, et l’attentat de l’aérogare 4 de l’aéroport de Barajas, dont on a accusé l’ETA.

Selon les informations officielles, un camion Ryde, qui contenait environ 2 300 kilos d’engrais et un mélange de nitrométhane, fit explosion le 19 avril 1995, à 9 h 02, face au côté Nord du bâtiment public Alfred P. Murrah, de neuf étages, en détruisant le tiers et laissant un cratère de neuf mètres de large sur 2,4 de profondeur dans la NW 5th Street, détruisant ou endommageant 324 édifices dans un rayon de seize pâtés de maisons, détruisant ou incendiant 86 voitures et brisant les vitres de 258 édifices, laissant des centaines de personnes sans logis, provoquant le fermeture de nombreux bureaux dans le centre-ville, tuant 168 personnes et en blessant 853, la plupart par brûlures, la détonation ayant été entendue à une distance de 89 km.

Bien que la version officielle ait été confirmée par le gouvernement étasunien et par la plupart des médias, il ne sera pas difficile de la démentir par une version plus sensée des faits :

1.      Les voitures piégées ne laissent pas de cratères, lesquels ne peuvent être causés que par une charge souterraine. Même si vous faites exploser une bombe nucléaire dans un camion, l’explosion ne laissera pas de cratère.

2.      Les explosifs classiques n’incendient pas les voitures qui se trouvent tout autour…

     […]

4.      Les explosifs classiques ne causent pas de brûlures aux victimes – c’est là un trait typique des bombes nucléaires – les brûlures n’étant causées que par le rayonnement thermique.

5.      Les explosifs classiques ne provoquent pas d’impulsions électromagnétiques capables de calciner les microcircuits des ordinateurs se trouvant dans le coin.

6.      …l’étendue des dégâts est typique de l’explosion d’au moins dix bombes de dix tonnes chacune, de celles qu’utilise l’aviation moderne, ou d’une minibombe nucléaire programmée pour exploser à la puissance correspondante, soit 0,1 kilotonne.

9.      …une magnitude de 3,52 sur l’échelle de Richter est typique d’une minibombe nucléaire de 0,1 kilotonne, l’équivalent de 100 tonnes de TNT.

10. Un volume de 2 300 kilos d’engrais (soit 1,8 tonne de TNT), même enterrés, ne pourrait jamais provoquer un signal sismique de magnitude 3,0 (et n’en provoquerait aucun s’il était situé dans un camion).

Un certain Timothy McVeigh s’avoua coupable du crime. Il fut jugé, condamné à mort et exécuté par une piqûre mortelle le 11 juin 2001. L’attaque fut le pire acte terroriste jamais commis aux USA avant le 11 septembre. Mais elle donna au gouvernement le prétexte dont il avait besoin pour adopter de nouvelles mesures d’urgence – le projet de loi contre le terrorisme qui se transformerait quelques mois après l’exécution, après le 11 septembre, en Loi de sécurité nationale, qui priverait les Étasuniens de leurs droits constitutionnels.

De Bali à Oklahoma ; du Kosovo à Moscou ; de l’Afghanistan à Wall Street, ces événements offrent au lecteur une vision de la façon dont le gouvernement de l’ombre opère à sa guise, utilisant des trafiquants de drogues, des criminels et des terroristes.

Le fer de lance de ces opérations a été le vieil agent de la CIA, Theodore G. Shackley, qui a travaillé en étroite coopération avec des figures de la mafia comme John Roselli, Sam Giancana et Santos Traficante.

En 1975, Shackley fut nommé directeur adjoint de la Direction des opérations, qui lui confia les opérations secrètes, le contre-espionnage et, ironiquement, la lutte antidrogue, tout ceci sous les ordres de George Herbert Walter Bush.

C’est dans ce cadre que Shackley agit comme « conseiller » de gens comme Bush père, Oliver North et William Casey, le directeur de la CIA, dont le réseau illégal et sanglant d’échange d’armes pour de la drogue provoqua des dizaines de milliers de morts et inonda nos rues de tonnes de drogues.

De la baie des Cochons au cas Iran-contras, à l’attentat à la bombe d’Oklahoma, à l’ignominieux bombardement nucléaire contre les Kurdes de Kirkouk, dans le Nord iraquien, au bombardement nucléaire contre la fameuse mosquée chiite de Khillani, à Bagdad, et au quadruple bombardement nucléaire sans précédent contre la secte satanique Yazidi près de Mossoul en Irak, qui imposa un nouveau record de victimes humaines, plus de 550 morts et plusieurs centaines de blessés…

Alors qu’il était encore dans l’armée, Timothy McVeigh avait écrit à sa sœur qu’il avait été choisi pour faire partie de l’Unité d’opérations tactiques (CTU), autrement dit les Bérets verts des Forces spéciales (impliquées dans des activités illégales).

Il est très probable qu’on lui ait dit qu’il avait reçu l’importante mission d’infiltrer une organisation terroriste et d’éviter une attaque à la bombe. Une histoire qu’un jeune homme aussi impressionnable que McVeigh devait avoir cru aisément.

De toute façon, l’existence de deux « Timothy McVeigh », comme il avait existé deux Oswald, suggère une opération de renseignement sophistiquée destinée à  placer McVeigh au mauvais endroit au mauvais moment.  Tout comme Oswald, il se crut probablement un agent du gouvernement faisant partie d’un projet secret.

… il fut berné. On en fit une tête de Turc, puis on le tua. Affaire conclue. Les preuves furent détruites. Mais les questions attendent toujours une réponse.

12 octobre 2002. Attentat à la bombe nucléaire dans une boîte de nuit de Bali.

Selon la version officielle, une tonne d’explosif classique placée dans une jeep explosa à proximité de la boîte de nuit Sari, à Bali, tuant sur le coup 187 personnes, en blessant grièvement beaucoup d’autres, provoquant d’énormes boules de feu censées provenir des bouteilles de gaz butane, démolissant les édifices voisins et provoquant de gros incendies qui se répandirent aux environs.

Une des premières informations sur cet attentat provint de Fox News : « L’attentat à la bombe dans une boîte de nuit indonésienne est taxé d’acte terroriste… L’explosion a eu lieu vers 23 h… L’endroit était bourré de monde et il a pris feu en une milliseconde. »

L’expression « milliseconde » constitue un lapsus impardonnable. Tout comme le « niveau zéro », elle est réservée aux explosions nucléaires. Si bien qu’en aucune circonstance on ne l’utiliserait pour autre chose qu’une explosion atomique.

Le problème, c’est qu’une explosion classique, si grande qu’elle soit, ne produit ni chaleur ni flammes.

Un autre touriste… déclara : « J’ai senti mon hôtel trembler violemment et j’ai couru à la fenêtre. J’ai pu voir au loin un gros nuage blanc en forme de champignon, et j’ai su que je n’étais pas témoin d’une attaque ordinaire. »

Je crois que tout le monde sait bien ce que veut dire un nuage en forme de « champignon ».

Par ailleurs, les explosions ordinaires ne produisent pas d’incendies dans les immeubles voisins. Ce sont les explosions nucléaires qui en provoquent  du fait de l’intense rayonnement thermique qui émane instantanément des boules de feu.

La police indonésienne déclara que les morts se chiffraient au chiffre insolite de 202.  Vous ne pouvez pas tuer instantanément deux centaines de personnes et en blesser des milliers d’autres rien qu’en posant une tonne d’explosifs classiques dans une jeep.

Le gouvernement indonésien savait que ce qui avait explosé à Bali était une bombe nucléaire ? Bien sûr que oui. Par exemple, le vice-président de la Chambre, A. M. Fatua, parlant du prétendu terroriste qui avait prétendument posé la bombe, déclara : « Ma conscience me dit qu'Amrozi n’est pas l’auteur principal. Je ne crois pas qu’il ait été capable de réaliser tous les préparatifs d’attaque à la bombe, à la minibombe nucléaire, à Bali. » De sorte que le vice-président de la Chambre d’un pays de plus de 200 millions d’habitants savait de quoi il s’agissait. La présidente indonésienne, Megawati Sukarnoputri, le savait-elle aussi ? Et si elle le savait, pourquoi n’a-t-elle rien dit ?

Il existe une version « confidentielle », connue bien entendu du gouvernement indonésien, de fonctionnaires de l’administration étasunienne et du Mossad israélien, selon laquelle la « minibombe nucléaire » possédait une puissance de 0,01 à 0,015 kilotonne et qu’elle appartenait à « Al Qaeda ».

J’ai prouvé clairement dans le chapitre antérieur qu’il serait plus facile à Al Qaeda de fabriquer à toute vitesse un engin spatial de bois et d’alunir que d’avoir accès à une minibombe nucléaire. J’ai aussi démontré que seule quatre puissances étaient capables, techniquement parlant, d’en fabriquer : les USA, la Russie, la France et Israël. Des sources confidentielles indonésiennes ont confirmé aux renseignements nucléaires russes que la bombe appartenait au Mossad israélien.´

Les preuves photographiques qui démontraient l’utilisation d’une arme non classique furent éliminées presque sur-le-champ des principaux médias, mais non de la caméra de vidéo d’un amateur qui prit la photo qu’on peut voir ci-joint. […] Le cratère prouve à lui seul que l’arme a fait explosion sous terre, et sa profondeur et son diamètre indiquent à quelle profondeur.

Nous commencerons par la fin. Ce fut une grande explosion nucléaire qui n’avait rien à voir avec une « minibombe nucléaire». La version officielle parla toutefois d’une « voiture piégée », comme c’est la tradition. […] « Confidentiellement », plusieurs « notables »  parlèrent d’une « minibombe nucléaire ».

Le 30 décembre 2006, la bande terroriste ETA pose une bombe dans une fourgonnette qui contenait de 200 à 500 kilos d’explosifs, selon les forces de sécurité de l’État. L’agence EFE apprend auprès d’enquêteurs que, selon les premières estimations de la police, l’ETA aurait pu avoir utilisé près de 500 kilos d’explosifs.

Ces mêmes sources ajoutent que ce calcul reposait sur les effets visibles de l’explosion et sur l’expérience des démineurs.

La fourgonnette piégée, une Renault Trafic, fit explosion le même jour, un samedi, le 30 décembre 2006, à 9 h 01, sur le stationnement D de l’aérogare T4 de l’aéroport madrilène de Barajas, provoquant une colonne de fumée dense et l’effondrement de cinq étages du module D dudit stationnement.

L’attentat fit s’effondrer 60% du module D et toucha trois des six modules du stationnement de l’aérogare T4, où les etarras garèrent la Renault Trafic couleur grenat. Les pompiers espèrent que les flammes s’éteindront seules.

Au sujet du véhicule utilisé, la police pense qu’il a été volé voila trois ou quatre jours au Pays basque français. Concrètement, selon El Mundo, il pourrait être immatriculé à Ordizia, près de Guipuzcoa.

Quelqu’un ayant toute sa raison peut-il vraiment croire qu’une si grande partie d’une structure de béton armé peut être totalement détruite par 200 kg d’explosifs classiques posés à un seul endroit ? […] Une charge pareille aurait pu tout au plus endommager une partie du béton des installations proches de l’explosion, le plancher et le plafond, pas plus, et plusieurs colonnes voisines.

…la structure réelle n’était pas en béton, mais en béton armé. Le rayon d’action de dommages ne dépasserait vingt ou trente mètres. Une fois de plus, les possibilités qu’une grande structure de béton armé s’effondre à cause de l’explosion de 200 kg d’explosifs placés à un seul endroit sont nulles.

Tout ce que vous pourriez obtenir en l’occurrence (si vous étiez un pro en démolitions et placiez une voiture piégée à l’endroit exact), serait d’affaiblir totalement une colonne. Mais vous ne pourriez pas affaiblir deux colonnes à la fois avec une seule voiture. Or, observez de nouveau la photo et réfléchissez un peu : combien de colonnes de béton armé devriez-vous affaiblir pour faire s’effondrer toute la structure centrale (qui n’existe plus) ?

…une seule explosion classique ne peut démolir un édifice. Une autre explosion l’a fait. Logiquement, on peut supposer qu’il s’est agi d’une « minibombe nucléaire ». Et pourtant, même une « minibombe nucléaire » qui possèderait la puissance disponible maximale – une kilotonne - ne pourrait pas démolir un bâtiment aussi grand en béton armé,  aussi solide, doté de tant de colonnes et avec tant d’espace vide entre les étages !

Aucun véhicule ne présentait de traces d’incendies, comme lors de l’explosion de Bali. […] sa terrible onde expansive détruirait les voitures restantes aux alentours. Or, aucun de ces effets attendus ne fut signalé après l’explosion de la « voiture piégée » dans l’aéroport de Barajas. Nous pouvons donc éliminer tranquillement la théorie de la « minibombe nucléaire ».

On constate de même des effets vraiment bizarres. Si vous tracez une ligne imaginaire de haut en bas pour fixer la limite exacte des destructions, vous verrez qu’elle ne sera pas verticale, mais ferait un angle d’environ 45 degrés. Pourquoi une onde expansive qui a fait ces dégâts se propagerait-elle selon cet angle incliné ?

Je suppose que vous avez compris ce que je veux dire. Il semble que ce soit exactement ce qui s’est passé : c’est, apparemment, une grande explosion nucléaire souterraine à une grande profondeur, sous la partie centrale de l’édifice du stationnement, qui a causé une telle destruction.

Par ailleurs, que les forces de sécurité de l’État se soient trompées à ce point – à 150% – au sujet de la force de l’explosion est vraiment sidérant. Que le calcul (200-500 kg) ait reposé « sur les effets visibles de l’explosion et sur l’expérience des démineurs » me fait penser deux choses : 1) Ce sont les agents les plus incompétents sur la surface de la Terre, comparables aux mieux au fameux inspecteur Clouseau ; 2) après avoir affirmé immédiatement que l’explosion avait été provoquée par une bombe atomique, ils ont tenté de cacher les preuves à la population en général.

Je ne doute pas que les deux terroristes de l’ETA ont garé de fait leur Renault Trafic sur le stationnement D de l’aérogare 4. En admettant leur responsabilité devant les tribunaux, je suis sûr qu’ils ont pensé que leurs actions avaient provoqué le chaos. Néanmoins, le dommage réel, le dommage nucléaire, est venu d’une bombe atomique enterrée à une grande profondeur dans l’aérogare. Qui le savait et qui l’a fait ? Je ne le sais pas. Mais je crois avoir montré quels sont ceux qui ne l’ont pas fait.

Conclusions au sujet des attentats à la « minibombe nucléaire », alias la « voiture piégée » et le « camion piégé » :

1) Les minibombes nucléaires existent.

2) On dit « confidentiellement » que ces « minibombes nucléaires »  appartiennent à plusieurs organisations terroristes, qualifiées presque invariablement de « musulmanes ».

3) Ces « organisations terroristes » n’hésitent pas à utiliser ces « minibombes nucléaires » contre différentes cibles, la plupart du temps des civils.

4) Ces « minibombes nucléaires » provoquent des explosions d’une puissance inhabituelle – équivalant à des quantités irrationnelles de TNT ou d’autres explosifs classiques qui entreraient à peine dans le plus gros des camions, à plus forte raison d’un véhicule léger.

Estulin continue de justifier ses vues aux paragraphes 5-10, dont certains sont longs et que j’omets pour gagner du temps et parce qu’ils ne sont pas indispensables pour comprendre sa thèse.

Arrivant au paragraphe 11 (p. 64),  il affirme une fois de plus :

11)  Ces « minibombes nucléaires » ne peuvent être fabriquées que par quatre des pays les plus développés : les USA, la Russie, la France et Israël.

12) Le “Groupe secret” commet presque tous ces attentats avec de modernes « minibombes nucléaires », sauf probablement deux exceptions. Ce « Groupe secret », qu’il soit étasunien, israélien, français ou russe, n’a absolument rien à voir avec l’islam.

13) Dans tous les attentats aux modernes « minibombes nucléaires », exception faite de deux cas, on utilise celles de troisième génération – la plus récente – qui sont assez petites pour être camouflées dans un système d’égouts.

14) Même si les « minibombes nucléaires » peuvent détruire de toute évidence une vaste étendue de bâtiments aux structures ordinaires, elles ne peuvent pas démolir complètement un édifice moderne fortement renforcé, même si elles explosent à proximité – comme cela a été prouvé dans les cas des attentats à la bombe d’Oklahoma en 1995 et contre les tours Khobar en 1996.

C’est là-dessus qu’Estulin conclut pour l’essentiel ce chapitre de son dernier livre.

Fidel Castro Ruz,le 24 août 2010, 19 h 06

Traduction ESTI

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L'HIVER NUCLÉAIRE

J’ai honte d’avoir tout ignoré de cette question dont je n’avais même pas entendu parler. Sinon, j’aurais compris bien plus tôt que les risques d’une guerre nucléaire sont pires que ce que j’avais imaginé. Je supposais que la planète pouvait supporter l’éclatement de centaines de bombes nucléaires parce que je calculais que les Etats-Unis et l’URSS avaient réalisé d’innombrables essais pendant des années. Je n’avais pas tenu compte d’une réalité toute simple: ce n’est pas la même chose de faire éclater cinq cents bombes atomiques en mille jours que de le faire en un jour.

Je l’ai appris après m’être informé auprès de plusieurs spécialistes en la matière. Inutile de dire que je suis resté stupéfait d’apprendre qu’il n’y avait pas besoin d’une guerre nucléaire mondiale pour que périsse notre espèce.

Il suffirait d’une guerre atomique entre deux puissances nucléaires parmi les plus faibles, tels l’Inde et le Pakistan – qui réunissent toutefois, à elles deux, bien plus d’une centaine d’armes de ce genre – pour que l’espèce humaine disparaisse.

Je vais raisonner un peu à partir des éléments que m’ont offerts nos experts en la matière, tirés de ce que les scientifiques les plus prestigieux du monde ont exposé.

Il y a des choses qu’Obama sait pertinemment:

«…une guerre nucléaire entre les USA et l’URSS provoquerait un «hiver nucléaire».

«Le débat international au sujet de cette prédiction, animé par l’astronome Carl Sagan, obligea les leaders des deux superpuissances à reconnaître que leur course aux armements mettait en danger, non seulement leurs deux pays, mais aussi l’humanité entière.

«…les modèles mis au point par des scientifiques russes et étasuniens indiquaient qu’une guerre atomique provoquerait un hiver nucléaire terriblement destructeur pour toute la vie sur la Terre. Le savoir représenta pour nous, gens de morale et d’honneur, un grand encouragement…»

«…Les guerres nucléaires régionales pourraient déclencher une catastrophe mondiale similaire. De nouvelles analyses prouvent qu’un conflit entre l’Inde et le Pakistan au cours duquel une centaine de bombes – soit à peine 0,4% des plus de 25 000 ogives que compte le monde actuellement – seraient larguées sur des villes et des zones industrielles provoquerait assez de poussières pour ruiner l’agriculture mondiale. Une guerre régionale pourrait causer des morts jusque dans des pays éloignés.

«Armée d’ordinateurs modernes et de modèles climatiques novateurs, notre équipe a démontré que les idées des années 80 non seulement étaient correctes, mais que les effets dureraient au moins dix ans, bien plus que ce qu’on croyait auparavant […] la poussière d’une simple guerre régionale serait réchauffée par le Soleil et s’élèverait pour rester suspendue pendant des années dans l’atmosphère supérieure, tamisant la lumière solaire et refroidissant la Terre.

«Certains croient que la théorie de l’hiver nucléaire développée dans les années 80 est discréditée. Voilà pourquoi ils seront peut-être surpris de nous entendre dire qu’une guerre nucléaire zonale, par exemple entre l’Inde et le Pakistan, pourrait dévaster l’agriculture sur toute la planète.

«La théorie originale a été rigoureusement validée. Ses fondements scientifiques étaient avalisés par des recherches que mena l’Académie nationale des sciences, par des études que parrainèrent les forces armées des USA et le Conseil international des syndicats scientifiques qui regroupe des représentants de vingt-quatre académies nationales de la science et d’autres organismes scientifiques.

«Le refroidissement ne semble peut-être guère préoccupant. Or, il faut savoir qu’une légère diminution de la température peut avoir de graves conséquences.

«Les céréales stockées aujourd’hui sur la planète pourraient alimenter la population mondiale pendant deux mois (cf. «Crisis alimentarias: ¿una amenaza para la civilización?», par Lester R. Brown, Investigacion Y Ciencia, juillet 2009).

«La fumée des grands incendies de forêt pénètre parfois dans la troposphère et dans la stratosphère inférieure, pour être entraînée à de grandes distances, ce qui provoque un refroidissement. Nos modèles tiennent compte aussi de ces effets.

«Voilà soixante-cinq millions d’années, un astéroïde s’est écrasé dans la péninsule du Yucatan. Le nuage de poussières qui en est résulté, mêlé à la fumée des incendies, occulta le Soleil, faisant disparaître les dinosaures. Le volcanisme massif qui avait lieu alors en Inde aggrava peut-être ces effets.

[…] le fait qu’il existe toujours plus d’Etats nucléaires élève les probabilités d’une guerre, déclenchée délibérément ou par accident.

«La Corée du Nord a menacé de faire la guerre si on n’arrêtait pas d’inspecter ses navires à la recherche de matériaux nucléaires.

«Des leaders extrémistes indiens, à la suite des dernières attaques terroristes dont l’Inde a été victime, ont prôné une frappe nucléaire contre le Pakistan.

«L’Iran a menacé de détruire Israël, puissance nucléaire, qui a juré à son tour qu’il ne permettrait jamais que l’Iran le devienne.

Les deux premières bombes atomiques ont tellement bouleversé le monde que celles-ci n’ont jamais plus été employées, malgré leur nombre croissant.

«Une guerre nucléaire est inévitable à partir du moment où le délai fixé par le Conseil de sécurité de l’ONU touchera à son terme: tout peut arriver dès que le premier cargo iranien sera arraisonné.

«Dans le cadre du Traité de réduction des armes stratégiques offensives (START), les USA et la Russie se sont engagés à ramener leur arsenal, d’ici fin 2012, à 1 700 et 2 200 ogives nucléaires déployées.

Si ces armes étaient utilisées contre des cibles urbaines, des centaines de millions de personnes mourraient et un énorme nuage de fumée de 180 Tg envahirait l’atmosphère.

La seule possibilité d’éliminer les risques d’une catastrophe climatique est d’éliminer les armes atomiques.

J’ai rencontré aujourd’hui à midi quatre spécialistes cubains: Tomas Gutiérrez Pérez, José Vidal Santana Nuñez, le colonel José Luis Navarro Herrero, chef du Secrétariat Science et technologie du ministère des Forces armées révolutionnaires, et Fidel Castro Díaz-Balart, avec lesquels j’ai analysé le point que j’aborde dans ces Réflexions.

J’avais demandé cette réunion hier, 22 août. Je ne voulais pas perdre une minute. Elle a été sans aucun doute fructueuse.

Fidel Castro Ruz, le 23 août 2010, 17 h 34

Traduction ESTI

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L'ONU, L'IMPUNITÉ ET LA GUERRE

La Résolution 1929 votée le 9 juin 2010 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, a scellé le destin de l’impérialisme.

Je ne sais combien de gens auront pris conscience du fait que, entre autres absurdités, le secrétaire général de cet organisme, Ban Ki-moon, exécutant des ordres venus de plus haut, a commis l’idiotie de nommer Alvaro Uribe –alors qu’il était sur le point de conclure son mandat en Colombie– vice-président de la commission chargée d’enquêter sur l’attaque israélienne contre la flottille humanitaire qui transportait des aliments essentiels à la population assiégée de la Bande de Gaza, l’attaque ayant eu lieu dans des eaux internationales, à une distance considérable de la côte.

Cette décision octroie à Uribe, accusé de crimes de guerre, une impunité totale, comme si un pays aux fosses communes remplies de cadavres de personnes assassinées, dont certaines contenant jusqu’à deux mille victimes, et aux sept bases militaires yankees, plus les autres bases militaires colombiennes à leur service, n’avait rien à voir avec le terrorisme et le génocide!

Le journaliste cubain Randy Alonso, qui dirige l’émission «La Table ronde» de notre télévision nationale, a publié le 10 juin 2010, sur le site web CubaDebate, un article intitulé «Le "gouvernement mondial" se réunit à Barcelone», dans lequel il signalait:

«Ils sont arrivés à l’agréable hôtel Dolce en voiture de luxe aux vitres fumées ou en hélicoptère.

«Plus de cent pontes de l’économie, des finances, de la politique et des médias des USA et d’Europe, qui accouraient à la réunion annuelle du Club de Bilderberg, une sorte de gouvernement mondiale agissant dans l’ombre."

D’autres journalistes honnêtes suivaient comme lui les nouvelles qui parvenaient au compte-goutte de cette curieuse rencontre. Quelqu’un de bien mieux informé qu’eux suivait la piste de ces rencontres depuis de nombreuses années.

«Le Club sélect qui s’est réuni à Sitges a vu le jour en 1954, à partir de l’idée du conseiller et observateur politique Joseph Retinger. Ses promoteurs furent au départ le magnat étasunien David Rockefeller, le prince Bernard de Hollande et le Premier ministre belge, Paul Van Zeeland, afin, avant tout, de combattre l’"anti-américanisme" croissant en Europe et de contrer l’Union soviétique et le communisme qui prenaient de la force sur le vieux continent.

«Il a tenu sa première réunion les 29 et 30 mai 1954 à l’hôtel Bilderberg, à Osterbeck (Pays-Bas), d’où son nom, et il s’est retrouvé depuis tous les ans, sauf en 1976.

«Il existe un noyau d’affiliés permanents –les 39 membres du Comité directeur– les autres sont des invités.

«…l’organisation exige que personne "ne donne d’interview" ni ne révèle rien de ce qu’"a dit un participant individuel". Une des conditions sine qua non est une excellente maîtrise de l’anglais… aucun interprète n’étant présent.

«On ne sait trop quelle est la portée réelle de ce groupe. Ceux qui l’étudient disent que ce n’est pas par hasard qu’il se réunit toujours un peu avant que ne le fasse le G-8 (ex-G-7) et qu’ils cherchent l’établissement d’un nouvel ordre mondial en matière de gouvernement, d’armée, d’économie et d’idéologie unique.

«David Rockefeller a déclaré dans le cadre d’un reportage de la revue Newsweek: "Quelque chose doit remplacer les gouvernements, et le pouvoir privé me semble pour ce faire le meilleur organe".

«…le banquier James P. Warburg a affirmé: "Que ça plaise ou non, nous aurons un gouvernement mondial. La seule chose à savoir, c’est si ce sera de gré ou de force".

«Ils connaissaient dix mois avant la date exacte de l’invasion de l’Irak. Ils savaient aussi ce qui allait se passer avec la bulle immobilière. Avec une information pareille, on peut faire beaucoup d’argent sur toutes sortes de marchés. Nous parlons de clubs de pouvoir et de savoir.

«Pour les observateurs, l’un des points qui tracassent le plus le Club, c’est la "menace économique" que représente la Chine, avec ses répercussions sur les sociétés étasunienne et européenne.

«Pour connaître son influence sur l’élite, qu’il suffise de dire que Margaret Thatcher, Bill Clinton, Anthony Blair et Barack Obama ont été ses invités avant d’être élus au sommet en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis. Obama s’est rendu à sa réunion de Virginie (USA) en juin 2008, cinq mois avant sa victoire électorale, que le groupe avait prévue dès sa réunion de 2007.

«Bien qu’ils agissent en tapinois, la presse arrive de temps à autre à sortir un nom. Parmi ceux qui sont allés à Sitges, on comptait les présidents de FIAT, de Coca Cola, de France-Telecom, de Telefonica de España, de Suez, de Siemens, de Shell, de Novartis et d’Airbus.

«Il y avait aussi des gourous des finances et de l’économie, comme George Soros, le fameux spéculateur ; Paul Volcker et Larry Summers, conseillers économiques d’Obama; George Osborne, le tout nouveau secrétaire britannique du Trésor; Peter Shilton, ancien président de Goldman Sachs et de British Petroleum; Robert Zoellic, président de la Banque mondiale; Dominique Strauss-Kahn, directeur général du FMI; Pascal Lamy, directeur de l’Organisation mondiale du commerce; Jean-Claude Trichet, président de la Banque centrale européenne; Philippe Maystad, président de la Banque européenne d’investissement.

«Nos lecteurs le savaient-ils? Un organe important des médias a-t-il dit un mot? Est-ce donc cela la liberté de la presse dont on parle tant en Occident? L’un d’eux peut-il nier que les plus puissants financiers du monde se réunissent systématiquement tous les ans, hormis l’année susmentionnée?

«Le pouvoir militaire a envoyé certains de ses faucons: Donald Rumsfeld, l’ancien secrétaire à la Défense de Bush; Paul Wolfowitz, son subalterne; Anders Fogh Rasmussen, secrétaire général de l’OTAN; et Jaap de Hoop Scheffer, son prédécesseur.

«Le magnat de l’ère numérique, Bill Gates, a été le seul à dire quelque chose à la presse avant la rencontre: "Je serai présent. Il y aura beaucoup de débats financiers sur la table.

«Les spéculateurs de nouvelles disent que le pouvoir dans l’ombre a analysé l’avenir de l’euro et les stratégies pour le sauver, la situation de l’économie européenne et l’orientation de la crise. Le groupe tient à prolonger la vie du malade à l’aide de la religion du marché et de coupes sombres dans le social.

« Cayo Lara, le coordonnateur de Gauche unie, a défini clairement le monde que nous imposent les Bildeberg: "Le monde à l’envers: les démocraties soumises au contrôle, à la tutelle et aux pressions des dictatures des pouvoirs financiers.

«Le plus périlleux, comme l’a révélé le journal espagnol Publico, c’est le consensus du Groupe en faveur d’une attaque des USA contre l’Iran. […] Se rappeler que ses membres connaissaient la date exacte de l’invasion de l’Irak en 2003 dix mois à l’avance.»

Est-ce là une idée saugrenue, quand on réunit toutes les preuves que j’ai exposées dans mes dernières Réflexions? Les hautes sphères de l’Empire ont d’ores et déjà décidé de la guerre contre l’Iran, et seul un effort extraordinaire de l’opinion publique mondiale pourra l’empêcher d’éclater sous peu. Qui cache la vérité? Qui dupe? Qui ment ? Peut-on démentir quoi que ce soit de ce que je dis ici ?

Fidel Castro Ruz, le 15 août 2010, h 25

Traduction ESTI

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LE GÉANT AUX BOTTES DE SEPT LIEUES (II)

Le 12 mars 2004, nous apprîmes qu’un citoyen d’origine argentine mais naturalisé mexicain était réclamé par Interpol pour un cas d’opération de provenance illicite.

L’investigation prouva que cet homme était entré dans notre pays le 27 février dans un jet privé, en compagnie de quelqu’un d’autre, et qu’il était descendu dans une chambre d’hôte légale.

Il fut arrêté le 30 mars.

Le 31, le ministère mexicain des Affaires étrangères présenta à son homologue cubain une requête d’extradition concernant Carlos Ahumada Kurtz, contre qui existait un mandat d’arrêt pour participation probable à un délit de fraude générique.

Cinq jours après, à la suite de l’enquête, il fut placé en prison préventive.

Il déclara au cours des interrogatoires qu’il s’était mis d’accord, dès novembre 2003, avec des leaders politiques du Parti Action nationale (PAN) et du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI), le sénateur Diego Fernandez de Cevallos et l’ancien président Carlos Salinas de Gortari, pour dénoncer les manigances frauduleuses de fonctionnaires du gouvernement du District fédéral (Mexico) qui étaient de proches collaborateurs du gouverneur Andrés Manuel Lopez Obrador, du Parti révolutionnaire démocratique (PRD). Des vidéos filmées par lui-même ou par des collaborateurs montraient le secrétaire personnel du gouverneur, René Bejarano, en train de toucher des milliers de dollars des mains d’Ahumada, ou alors le secrétaire des finances du District fédéral, Gustavo Ponce Meléndez, en train de dépenser de grosses sommes dans un casino de Las Vegas (USA), les vidéos ayant été présentées à la télévision mexicaine.

On avait tendu un piège à Bejarano: après qu’il eut critiqué violemment à une émission de télévision la corruption de fonctionnaires publics, on le fit passer dans un studio attenant où on lui présenta une vidéo où on le voyait en train de toucher de l’argent, d’où un grand scandale qui détruisit son prestige.

Salinas de Gortari et Fernandez de Cevallos virent les vidéos avant et organisèrent, de concert avec Santiago Creel, secrétaire de l’Intérieur, et Rafael  Macedo de la Concha, procureur général de la République sous le gouvernement Fox, la dénonciation et sa diffusion postérieure, tout en offrant à Bejarano en échange une soutien économique pour ses affaires et une protection judiciaire pour lui-même et sa famille.

Ahumada eut plusieurs contacts avec Fernandez de Cevallos, pour analyser la qualité des vidéos et les améliorer, voire pour occulter son propre visage, et il confirma sa dénonciation dans une chambre de l’hôtel Présidente, de Mexico, en présence de représentants du ministère public.

Une fois les vidéos diffusées, Salinas lui indiqua, à travers son avocat Juan Collado Mocelo et son adjoint personnel Adan Ruiz, d’abandonner Mexico et de se réfugier à Cuba, ce qui se fit par contact téléphonique et visite du personnel susmentionné.

Il s’agissait avant tout, selon des déclarations d’Ahumada, de discréditer Lopez Obrador et le PRD pour l’affaiblir comme candidat présidentiel aux élections de 2006.

Carlos Ahumada Kurtz fut expulsé au Mexique le 28 avril 2004 et remis à la police qui le plaça sous la juridiction du juge de Mexico qui avait rédigé le mandat d’arrêt. Notre ministère des Relations extérieures confirma ce même jour la procédure suivie contre Ahumada et sa déportation.

Celui-ci, pendant son arrestation à Cuba, reçut la visite de sa femme, du consul et fut autorisé à titre exceptionnel à avoir un entretien avec l’avocat de Salinas, Juan Collado.

Ce cas déclencha une grosse campagne médiatique.

Des dirigeants de différents partis, en particulier le PRD, se montrèrent d’accord avec Cuba en ce qui concernait la déportation; notre ministère de l’Intérieur signale même dans un rapport reçu hier, 11 août 2010 que Lopez Obrador avait été satisfait de cette mesure.

Par ailleurs, un «Rapport d’analyse des informations sur la déportation de Carlos Ahumada»  signalait dans un paragraphe: «Le président du PRD, Godoy, a téléphoné à notre ambassade, pour dire sa "satisfaction" de la déclaration "cubaine" et de la "déportation". Il a dit aussi que Lopez Obrador "était très satisfait".» C’était ce qui nous intéressait le plus.

Le procureur général de Mexico «a appelé notre ambassade pour se féliciter de cette déportation et demander des renseignements sur le vol».

Et ainsi de suite. De nombreuses personnalités, des représentants d’organisations et de partis politique, des députés et des sénateurs, nous exprimèrent leur satisfaction et leur gratitude.

Blanche Petrich et Gerardo Arreola, envoyée et correspondant, respectivement, de La Jornada, câblèrent la dépêche suivante:

«Le détenu implique directement de hauts fonctionnaires du gouvernement, a signalé le ministre cubain des Relations extérieures.

«La Havane, 5 mai. Assis au bord d’un sofa à brocart passé de mode, grassouillet, la bonne mine, l’industriel Carlos Ahumada affirme à ses interlocuteurs assis à côté de la caméra qui le filme: "Je ne voulais pas lâcher les vidéos, parce que c’était en quelque sorte mon seul moyen de pouvoir négocier ce que je voulais négocier, autrement dit de l’aide. Hélas, j’ai fini par tout lâcher, et on ne m’a rien donné en échange. Même pas une protection juridique, puisqu’on m’accuse au contraire de blanchiment d’argent, et je n’ai pas reçu non plus d’aide économique. Bref, on ne m’a rien donné et je suis prisonnier ici."

"A dose homéopathique, à peine quatre minutes de ces redoutables vidéos aux mains du gouvernement cubain, le ministre des Relations extérieure Felipe Pérez Roque a présenté "les preuves" que lui demandait le secrétaire aux Affaires étrangères, Luis Ernesto Derbez.

«"Les faits –a conclu Pérez Roque– ont, hélas, des connotations politiques considérables, parce que de hauts fonctionnaires du gouvernement sont impliqués dans la planification, la réalisation et la diffusion de ces vidéos a des fins politiques".

«Dans les extraits présentés cet après-midi à la presse, Ahumada ne mentionne aucun nom de l’équipe de Fox, ni ne donne des détails du complot tramé contre la figure politique du chef du gouvernement de Mexico, Andrés Manuel López Obrador, ni aucun indice de l’identité de ceux qui sont derrière lui. Et ce, bien que le ministère des Relations extérieures ait dit que les autorités judiciaires cubaines possédaient "des heures et des heures » de déclarations enregistrées du détenu. "Ahumada en a dit bien plus à nos fonctionnaires".

«Qui sont ces "ils" dont parle Ahumada? Quels sont ceux que montrent les vidéos?»

« Ce sera au gouvernement mexicain de le dire. Nous avons dit, nous, qu’il avait dit que de hauts fonctionnaires étaient impliqués dans la planification préalable de toute cette affaire. Il a déclaré que les objectifs en étaient politiques. C’est au Mexique à mener une enquête là-dessus. Ce n’est pas notre objectif à nous. Nous, nous avons été contraints de donner ces preuves parce que le ministre mexicain, Derbez, nous a sommés d’en présenter. Cette sommation nous a obligés à aller plus loin. »

« Pendant un mois, Cuba a fait l’objet d’accusations et de versions selon lesquelles nous protégions Ahumada. Je répète que ce sont les autorités mexicaines qui sont obligées de rendre compte au système politique et au peuple mexicain de ces faits », a insisté Pérez Roque.

Cette dépêche intéressante s’étend sur plusieurs pages que je ne tente même pas de résumer, parce que je ne veux pas m’étendre aussi longtemps que dans mes Réflexions d’hier.

Je tiens seulement à mentionner une instruction indispensable que j’avais donnée le 2 avril 2004 au vice-chef du département des relations internationales du Comité central du parti, José Arbesu, afin qu’il aille au Mexique pour clarifier parfaitement notre position sur le cas Ahumada:

«Il faut le faire auprès de tous les dirigeants des partis, que nos gens aillent leur parler, non seulement au PRD, au PRI, mais aussi au PT, à Convergencia. I l faut aussi parler à Bolaños [notre ambassade au Mexique]. Il faut leur expliquer comment ça s’est passé, comment nous l’avons appris, faire tomber toutes les questions qu’on se pose.

«Il faut dire tout d’abord à Obrador que nous ne sommes pas mêlés à un complot contre lui, à aucune conspiration, que nous ne sommes ligués avec personne pour lui faire du tort, que nous avons appris qu’Ahumada était là, que nous ne sommes pas capables de faire une chose pareille.

«Que nous avons appris par Interpol que cet individu était dans notre pays.

«Que, vrai, nous avons beaucoup de problèmes à régler, que nous sommes occupés à d’autres choses, et que la direction du pays n’était pas même pas au courant de ces scandales…

«Que, dès que nous l’avons appris, nous avons ordonné une enquête. Que nous avons même arrêté ce type pour savoir et apprendre; qu’il n’était pas la seule victime, mais que l’honneur, le prestige du pays, de la Révolution étaient en jeu. Qu’il ne doit pas y avoir de confusion là-dessus. Que tout ce qu’il a à dire nous intéresse au contraire.

«Demander leur opinion à ceux du PRI, aux autres, à tout le monde; ce que nous voulons, c’est qu’ils nous parlent. Et tu leur fais à tous le laïus de notre position, comment on nous a mêlés à ça, et que nous n’allons pas permettre qu’on nous implique dans des cochonneries, qu’on nous accuse de protéger et d’appuyer…»

Les gens du parti de Lopez Obrador voulaient qu’on leur envoie une copie des déclarations filmées d’Ahumada, mais nous ne pouvions pas les satisfaire. Nous les avons adressées comme de juste à l’autorité qui avait réclamé l’extradition. Toute autre attitude n’aurait pas été sérieuse.

Nous comprenons parfaitement la méfiance de Lopez Obrador. Il avait été trahi par des gens qu’il croyait honnêtes, et ceux qui étaient prêts à lui porter un coup de poignard ont profité des circonstances.

Il y avait une raison de plus. Quand Ahumada lui a montré les vidéos, qu’il qualifia de «missile atomique» contre Obrador, Salinas était à Cuba. C’était un type extrêmement habile, qui savait bouger ses pièces en joueur d’échecs expert, avec un talent bien supérieur à celui de son entourage.

Quand il était président du Mexique, son rival était Cuauhtémoc Cardenas avec qui, pour des raisons qui coulent de source, nous avions d’excellentes relations. Tous les Etats, grands, moyens et petits, avaient reconnu Salinas.

Cuba fut la dernière à le faire. Ce n’est que quelques jours avant la passation du pouvoir que nous avons accepté son invitation d’y assister.

Je ne savais pas qu’il y ait eu des fraudes. Salinas était le candidat du PRI, un parti pour lequel les électeurs mexicains avaient toujours voté des décennies durant. Seul le cœur me faisait croire qu’on avait volé les élections à Cuauhtémoc.

Salinas fut extrêmement aimable avec moi ce jour-là, il conversa pas mal et il me montra sa gigantesque bibliothèque de deux étages bourrée de livres. Ils ne faisaient pas tapisserie.

Quelque chose de très important arriva. Nous étions en août 1994, un moment de crise migratoire sérieuse entre Cuba et les USA. William Clinton, le président étasunien d’alors, qui ne voulait pas de Carter, lequel s’était proposé comme médiateur, et que je préférais, moi, nomma Salinas et je fus forcé de l’accepter.

Il se porta bien, et agit vraiment en médiateur, non comme un allié des USA. Et c’est ainsi qu’un accord fut signé entre nos deux pays, alors que celui que nous avons obtenu lors de la première crise, sous Reagan, n’avait été qu’un faux-semblant.

Quand Zedillo, quelqu’un de vraiment médiocre, son successeur à la présidence, méfiant peut-être de son influence politique, lui interdit de vivre au Mexique, Salinas, qui traversait alors une situation personnelle difficile, demanda à vivre à Cuba. Nous l’autorisâmes sans hésitation, et c’est ici que naquit la première fille de son second mariage.

Il voulut investir dans notre pays, mais nous ne lui permîmes pas. Il acheta la villa d’un particulier dans la capitale.

William Clinton, lui, ne se porta pas bien. Il respecta les accords migratoires, mais il maintint le blocus économique, la Loi d’ajustement cubain et, dès qu’il put, il durcit les pressions économiques contre Cuba par la Loi Helms-Burton, toujours en vigueur.

Quand Salinas a raconté dans un livre le rôle qu’il a joué dans les négociations migratoires, il a dit la vérité, coïncidant en cela avec le journal de gauche New Yorker, qui a narré les activités de Richardson, alors secrétaire à l’Energie, durant sa visite à Cuba : celui-ci a proposé à Clinton d’interdire les vols provocateurs d’avions utilisés durant la guerre du Vietnam au-dessus de l’espace aérien de La Havane, parce que nous lui avions dit que nous ne tolérerions plus ces violations.

Avant de regagner les USA, il m’a dit que cela n’arriverait plus, et j’ai cessé de m’occuper de ce problème. Les choses ne se sont pas passées, hélas, comme il le prévoyait, et l’incident a bel et bien eu lieu.

Salinas a continué de visiter Cuba avec une certaine fréquence, nous avions des échanges, et il n’a jamais tenté de me berner. Je suis ensuite tombé gravement malade le 26 juillet 2006 et je n’ai plus rien su de lui.

Je n’ai pas changé. Je serai fidèle aux principes et à la morale que j’ai pratiqués depuis que je me suis fait révolutionnaire.

Je m’honore aujourd’hui de partager les vues de Manuel LOpez Obrador, et je n’ai pas le moindre doute que, bien plus tôt qu’il ne l’imagine, tout changera au Mexique.

«…les arbres doivent se mettre en rang pour que le géant aux bottes de sept lieues ne passe pas! C’est l’heure du dénombrement et de la marche unie, et nous devons aller en carré serré, comme l’argent à la racine des Andes!» Voilà ce qu’écrivait José Martí, il y a de cela presque cent vingt ans, le 1er janvier 1891.

Fidel Castro Ruz, le 12 août 2010, 21 h 30

Traduction ESTI

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LE GÉANT AUX BOTTES DE SEPT LIEUES (I)

Aristote, le plus célèbre philosophe de l’Histoire, me l’a appris.

L’être humain est capable des actions les plus merveilleuses et des pires iniquités.

Fort de son étonnante intelligence, il est à même d’user des lois inaltérables de la Nature pour faire le bien ou pour faire le mal.

A l’époque où nous préparions notre lutte armée dans les montagnes cubaines, j’ai vécu dans la grande nation mexicaine –que chaque Cubain a toujours considéré comme un peu à soi– alors que j’avais bien moins d’expérience qu’aujourd’hui. Une période de temps fugace mais inoubliable où toutes les merveilles se réunissaient sur un coin de la Terre.

Je n’aurais pas les mots pour décrire mes impressions aussi bien que vient de le faire un Mexicain qui n’est pas pour rien le plus autorisé pour parler de la tragédie de son pays, puisqu’il a été élu gouverneur de l’important district électoral de Mexico, la capitale, et qu’il a été le candidat de la «coalition pour le bien de tous» aux dernières élections de 2006.

Des élections qu’il a, certes, remportées face au candidat du PAN. Mais l’Empire ne lui a pas permis d’accéder à la présidence.

A l’instar d’autres dirigeants politiques, je savais comment Washington avait peaufiné les idées du «néolibéralisme» et les avait vendues aux pays d’Amérique latine et à ceux du reste du monde comme la quintessence de la démocratie politique et du développement économique, mais je ne trouve pas d’exemple plus clair de la façon dont a utilisé cette doctrine pour détruire et engloutir les richesse de ce pays si important, riche en ressources naturelles et foyer d’un peuple héroïque dont la culture remonte à avant l’ère chrétienne, voilà plus de deux mille ans.

Andrés Manuel Lopez Obrador, avec qui je n’ai jamais parlé et à qui ne me lie aucune amitié, vient de publier un petit livre où il expose brillamment– et je lui en sais gré– ce qu’il se passe dans ce pays frère: La Mafia qui s’est emparé du Mexique… et 2012.

Il m’est arrivé entre les mains voilà quatre jours, le 7 août, dans l’après-midi, au retour de ma réunion avec les députés de notre Assemblée nationale du Pouvoir populaire. Je l’ai dévoré. Il décrit la façon dont les Etats-Unis dévorent à pleines dents un pays frère de ce continent, auquel il a arraché jadis presque la moitié de son territoire, les plus grandes mines d’or du meilleur aloi, et la richesse pétrolière qu’il avait exploité intensément pendant plus d’un siècle et qui fournit encore presque trois millions de barils par jour. Sans parler des énormes extractions de gaz dont j’ignore les chiffres.

Obrador explique au premier chapitre un très curieux phénomène: la disparition du chemin de fer, créé à l’époque de Benito Juarez avec l’ouverture du premier tronçon entre Mexico et Veracruz.

Sous Porfirio Diaz, le réseau s’étendit sur plus de vingt mille kilomètres et s’élargit encore plus considérablement avec la Révolution mexicaine.

Obrador raconte qu’il n’existe plus qu’une voie ferrée qui «va de Chihuahua (Chihuahua) à Los Mochis (Sinaloa). En un clin d’œil, les technocrates liquidèrent les illusions des libéraux du XIXe siècle qui voyaient dans la communication par chemin de fer la voie idéale pour faire progresser le Mexique.»

«L’arrivée de Fox à la présidence de la République n’a servi qu’à recomposer le vieux régime et à maintenir la même corruption. Il s’agissait en fait du sexennat du Guépard: tout changer en apparence pour que tout reste pareil. Dès avant de monter à la présidence, Fox s’est soumis aux organismes financiers internationaux et a continué, bien entendu, d’être au service des potentats du pays. Qui plus est, non content de maintenir telle quelle la politique économique, il s’est appuyé sur le même groupe de technocrates qui agit depuis l’époque de Salinas.

[…]Aujourd’hui, la quasi-totalité des institutions bancaires appartiennent à des étrangers; elles n’octroient pas de crédits pour développer le pays, elles investissent dans des valeurs publiques, elles encaissent les taux d’intérêt les plus élevés au monde, font des profits fabuleux et sont la source clef du transfert de ressources à leurs maisons mères d’Espagne, des Etats-Unis et d’Angleterre.

Fox a continué de brader les biens du peuple et de la nation à des particuliers, Mexicains et étrangers […] il a étendu sans limites la braderie du territoire national pour y exploiter l’or, l’argent et le cuivre […] il a modifié la Loi minière pour octroyer des concessions uniques de prospection et d’exploitation pour jusqu’à cinquante ans prorogeables […] au point que jusqu’en décembre 2008, les concessions se montent à 24 816 396 hectares, soit 12 % du territoire national ou la superficie de l’Etat de Chihuahua, le plus grand du pays.

Les chiffres que donne Lopez Obrador à la fin de son chapitre premier sont tout à fait étonnants et surprenants, même pour ceux qui ont la pire opinion du néolibéralisme.

«En 2005, sous le foxisme, la loi de l’impôt sur le revenu a été modifiée encore une fois pour permettre à nouveau aux grandes sociétés de conserver la totalité de leurs profits. Pour mieux comprendre ce que cela veut dire, que l’on sache qu’en 2008, selon des chiffres officiels, 400 gros monopoles qui ont eu des revenus pour cinq billions de pesos –soit plus de la moitié du produit intérieur brut de l’année– n’ont payé que 1,7 % d’impôt sur le revenu et au titre de l’impôt d’entreprise à taux unique (IETU).

«De plus, c’est sous le gouvernement Fox qu’on a enregistré le plus d’allègements d’impôts en faveur de ce qu’on appelle les gros contribuables, les gouvernements du PRI et du PAN ayant voulu justifier bien entendu ces prébendes fiscales sous le prétexte fallacieux de l’encouragement aux investissements. Si cela était vrai, alors le pays aurait connu une croissance économique durant ces 27 dernières années, et non la paralysie en cours. On peut d’ailleurs prouver que les allègements d’impôts sont supérieurs à la croissance des investissements privés: rien que de 2001 à 2005, alors que ces derniers ont augmenté de 279 milliards de pesos, les allégements se sont chiffrés à 604 milliards, soit plus du double. La corruption au sommet de l’Etat est si officielle que l’Institut fédéral d’accès à l’information publique (IFAI) a décidé de maintenir secrets pendant douze ans – jusqu’en 2019 – les noms des sociétés que le Service de l’administration fiscale (SAT) a avantagées en 2005 en leur rendant des millions de pesos d’impôts.

Voilà ce qu’a dit exactement Carlos Ahumada quand nous l’avons arrêté à Cuba pour violation de nos lois. Lopez Obrador connaît cette déclaration parce que nous lui avons envoyé les minutes correspondantes en même temps que l’intéressé, le 28 avril 2004.

Le fait a constitué sans aucun doute la plus grande escroquerie politique de l’histoire du continent. J’éclaircirai certains points avec une précision totale.

Toujours au chapitre premier, avec, en sous-titre, «Les maîtres du Mexique», Lopez Obrador écrit:

«Durant tout le temps que j’ai été chef du gouvernement de Mexico (2000-2005), j’ai connu presque tous les membres de cette élite…»

Je partage son opinion sur Carlos Slim. Que j’ai connu moi aussi. Il me rendait toujours visite quand j’allais au Mexique et il l’a fait une fois à Cuba, me faisant cadeau d’un téléviseur –le plus moderne d’alors– que j’ai conservé chez moi jusque voilà un an. Il ne prétendait pas me soudoyer. Et moi, je ne lui ai jamais demandé aucune faveur. Bien qu’il soit le plus riche de tous –sa fortune dépasse les 60 milliards de dollars– c’est quelqu’un d’intelligent qui connaît tous les secrets de la Bourse et les mécanismes du système capitaliste.

Il y aurait des multimillionnaires, avec ou sans Salinas, avec ou sans Fox, mais jamais autant, bien entendu, autant que sous la mafia qui s’est emparée du Mexique et que Lopez Obrador identifie dans son livre.

Le chapitre 2 s’intitule: «Abandon, corruption et pauvreté». Il donne la croissance du PIB des pays du monde de 1982 à 2009; il admire les 101 % de la Chine. Et il mentionne dans un paragraphe à part celle de 2009.

«Par-dessus le marché, le Mexique a occupé cette année-là le dernier rang parmi tous les pays du continent et, aussi incroyable que cela paraisse, après Haïti.

«Les technocrates ont agi en fondamentalistes. Non contents de se plier à l’orthodoxie des organismes financiers internationaux, ils ont converti leurs recommandations en une idéologie.

«Le Mexique rural a été le plus touché par les politiques néolibérales. L’abandon des campagnes est dramatique. Je me rappelle encore ce qu’affirmait, tout heureux, Pedro Aspe, secrétaire des Finances du gouvernement Salinas: pas la peine de promouvoir les activités productives dans le secteur agricole parce que, dans un univers mondialisé, il est plus économique d’acheter à l’étranger ce que nous consommons.

«L’ensemble des politiques néolibérales appliquées à la campagne a provoqué un grave retard de la production agricole par rapport à la croissance démographique. Du triennat 1980-1982 au triennat 2007-2009, le PIB par habitant dans les domaines de l’agriculture, de l’élevage, de la sylviculture et de la pêche a diminué de 15,2%. Autrement dit, alors que la production alimentaire totale a progressé à un rythme annuel de 1,5%, la population l’a fait, elle, de 1,7%.

«A compter de 1996, la production de pétrole a continué de s’élever pour battre en 2004 un record de 1 231 145 000 barils. De 1996 à 2004, les exportations de brut sont passées de 563 millions à 683 millions de barils par an, en coïncidence avec la surexploitation du complexe Cantarell, dont la production, qui représentait 47% de la production nationale en 2000 en représentait 61% en 2004, ce qui en a fait le gisement de pétrole à plus fort rendement dans l’histoire du monde.

«Tandis que l’extraction de pétrole augmentait, les réserves vérifiées chutaient d’une manière catastrophique: 48,3 milliards de barils en 1982, mais à peine 10 milliards en 2009. Rien que sous le gouvernement Fox, le tiers des réserves vérifiées a été consommé.

«Cette politique technocratique absurde a aussi causé des ravages dans le raffinage, le gaz et la pétrochimie. Les sociétés liées à ces activités se sont vues priver de ressources pour pouvoir s’étendre et se moderniser. Le pays n’a pas construit une seule raffinerie depuis 1979. A la suite de notre mouvement, Calderon a été contraint de dire qu’il en ferait une, mais deux ans se sont écoulés et pas une seule brique n’a encore été mise en place.

«Parallèlement, on a fixé comme prix de référence celui des USA, le plus cher au monde. Si bien que nous sommes devenus des importateurs de gaz.

«Dans la pétrochimie, faute d’investissements et par suite de l’abandon, tout ce qu’on a fait c’est réduire les "pertes" des complexes en supprimant des lignes de production.

«…les grandes sociétés industrielles et financières ont choisi de confisquer à Pemex tous ses revenus. De 2000 à 2009, cette société a enregistré des ventes accumulées de 8,841 billions de pesos et a payé des impôts pour 6,185 billions, soit 70% de ses ventes. […] tandis que ses investissements publics directs (dette non comprise) se sont montés à 437 milliards de pesos, soit 5% de ses ventes totales.

«Logiquement, une fois adoptée la politique néolibérale, le secteur énergétique a resserré ses liens avec les intérêts étrangers, ce qui a fait s’éloigner encore plus la possibilité de l’intégrer et de s’en servir comme levier du développement national, et tous les gouvernements néolibéraux ont maintenu l’idée et l’objectif de privatiser aussi bien l’industrie électrique que l’industrie pétrolière.

«Nous refusons l’occupation de notre territoire. Le Mexique doit rester un pays libre, indépendant et souverain. Nous ne voulons pas devenir une colonie.

«…je leur ai rappelé à cette occasion ce qu’avait dit une fois le général Lazaro Cardenas del Rio: "Un gouvernement ou un individu qui livre les ressources nationales à des sociétés étrangères trahit la patrie." A notre époque, hélas, la corruption prime le patriotisme.

«L’une des affaires les plus juteuses au bénéfice de fonctionnaires et d’entrepreneurs a été l’achat de gaz à des sociétés étrangères. Ce qui explique pourquoi les technocrates n’ont jamais eu d’intérêt à extraire du gaz ni à éviter son gaspillage. Le Mexique est le pays pétrolier qui brûle le plus de gaz dans l’atmosphère.

«Ce qui inquiète le plus les gens aujourd’hui, c’est le manque d’emplois. Le chômage est alarmant. Le retard a augmenté d’une manière exponentielle. On calcule qu’un million de jeunes arrive tous les ans sur le marché du travail et que les nouveaux emplois créés par l’économie formelle ne couvrent même pas le quart de la demande.

«Ceux qui ont pu conserver leur emploi touchent des revenus qui ne leur permettent même pas de satisfaire l’indispensable. Le Centre d’analyse multidisciplinaire de la faculté d’économie de l’UNAM soutient, dans un rapport d’enquête de janvier 2010, que 17 776 000 personnes, soit  41% de la population économiquement active, reçoivent moins de deux salaires minimums qui ne leur permettent pas de se procurer un panier de la ménagère recommandable des points de vue nutritif, culturel et économique.

«En éducation, le retard est impressionnant: la population âgée de quinze ans ou plus qui n’a pas terminé l’école primaire se monte à 34%; l’analphabétisme atteint 9,46%, mais se monte jusqu’à 23% dans des Etats à plus forte marginalisation comme Oaxaca, Guerrero y Chiapas.

«Au Mexique, seuls 2 jeunes sur 10 entrent à l’Université, soit à peine 20%, alors que l’Unesco a fixé comme paramètre de référence de 40 à 50%.

«Le recteur de l’UNAM, José Narro Robles, a fait savoir en février 2010 que seuls 10 350 candidats avaient passé l’examen d’entrée sur un total de 115 736, soit 8,9%.

«L’Etat ayant abandonné ses devoirs dans l’enseignement supérieur, les inscriptions dans des écoles privées ont augmenté de 16 à 37% ces vingt dernières années.

Lopez Obrador écrit au chapitre 3:

Se sentant menacée, l’oligarchie, la mafia au pouvoir, n’a pas hésité à démolir le peu qui avait été construit au Mexique pour instaurer la démocratie.

«Le temps et la réalité ont prouvé que la fraude a causé un tort énorme; elle a blessé les sentiments de millions de Mexicains, il a sapé les institutions, avili totalement la société dite politique.

«Aujourd’hui, 9 mars 2009, à Tamazula (Durango), où est né le premier président du Mexique, Guadalupe Victoria, je conclus ma tournée dans les 2 038 municipalités du pays à régime de parti. Il ne me reste que les 418 municipalités de mœurs et coutumes indigènes de l’Etat d’Oaxaca, que je visiterai dans les quatre derniers mois de l’année.

«Pendant 430 jours, nous avons parcouru 148 173 kilomètres de routes goudronnées et de chemins de terre, pour atteindre les endroits les plus reculés du Mexique.

«La carence d’infrastructures et de services essentiels dans les communes est notoire. Des 2 038 que j’ai visitées, 108 ne disposent pas de routes goudronnées pour rejoindre les chefs-lieux. L’Etat le plus en retard à cet égard est Oaxaca: de ses 152 communes à régime de parti, 36 n’ont pas de routes goudronnées. Vient ensuite Puebla, avec 15. Là et dans la région montagneuse de Guerrero, j’ai constaté non seulement le mauvais état des routes, mais j’ai vu que les nouvelles, à peine construites, étaient d’une si mauvaise qualité qu’elles reviendront des chemins de terres dans un an au plus tard.

«Il est illogique de consommer tant de coca-cola ou son équivalent…

«Je crois que la consommation de ce soda, calculée à un million de litres par jour, se doit essentiellement à la publicité, au point de devenir dans certaines régions un signe de statut.

«Il faut absolument éliminer la politique économique actuelle qui n’a même pas donné de résultats en termes quantitatifs. Le Mexique est l’un des pays du monde où la croissance a été la plus faible ces dernières années.

«Il faut changer la manière de faire de la politique. Ce noble emploi s’est complètement perverti. La politique est aujourd’hui synonyme de tromperie, de magouilles au sommet et de corruption. Les législateurs, les dirigeants et les fonctionnaires publics sont coupés des sentiments du peuple; l’idée continue de prévaloir que la politique est l’affaire des politiques, et non de tout le monde.

«La transformation dont le pays a besoin ne doit pas viser seulement la croissance économique, la démocratie, le développement et le bien-être; elle implique aussi et surtout de cristalliser un nouveau courant de pensée reposant sur la culture de notre peuple, sur sa vocation au travail et sur son immense bonté, en y ajoutant des valeurs comme la tolérance, le respect de la diversité et la protection de l’environnement.

«Après avoir conclu en mars 2009 ma tournée dans les 2 038 communes à régime de parti du pays, j’ai élaboré un texte intitulé: "Le pays d’en bas: note sur ma tournée à travers le Mexique". Le 20 novembre, j’ai fini de visiter les 418 communes à mœurs et coutumes indigènes d’Oaxaca.

«Le peuple d’Oaxaca a pu survivre par sa culture. Il en émane une mystique de travail, du talent, de fortes relations familiales et communautaires. Ses liens à la terre l’aident à maintenir une économie d’autoconsommation basée sur le maïs, les haricots et des oiseaux de basse-cour, sur le café, l’exploitation des forêts, la fabrication de nattes et de chapeaux, l’artisanat et d’autres activités. Sa créativité et sa force de travail sont très appréciées dans les villes du pays, dans les campagnes du Nord et à l’étranger. Aux Etats-Unis, les Mixtèques se sont gagné à juste titre le renom d’être les meilleurs ouvriers au monde.

«Pourtant, à cause de l’abandon du gouvernement, Oaxaca est l’Etat le plus pauvre et le plus marginalisé du pays. Et ses habitants le ressentent aujourd’hui plus que jamais. Partons du fait qu’ils ont trois sources de subsistance fondamentales: l’économie d’autoconsommation, les soutiens gouvernementaux et l’argent provenant de l’émigration. Le principal, en tout cas, est la culture du maïs. Cette plante bénie garantit les aliments de base, dont la tortilla, complété par le haricot, le piment, le nopal, et permet d’alléger la faim. Pourtant, en 2009, à cause du retard des pluies, les récoltes ont été perdues et il leur a fallu acheter du maïs.

«La troisième source de revenus sont les fonds familiaux de l’étranger qui ont diminué en 2009 d’environ 18%, à cause de la crise économique aux USA et dans notre pays. Les revenus à ce titre avaient été estimés à Oaxaca à 1 456 000 000 de dollars en 2008, mais à seulement 1 194 000 000 en 2009.

«J’avais le cœur brisé de voir des hommes pleurer en évoquant leur situation difficile et l’abandon dans lequel ils se trouvent.

«Question santé, la constante est la même: l’abandon. Il existe des communes sans médecin; dans les cliniques de premier niveau des chefs-lieux, les médecins ne travaillent que de lundi à vendredi, et les médicaments manquent partout.

«Dans l’éducation, malgré les efforts des élèves et des professeurs, le retard est notable. Les écoles sont abandonnées, les toits sont en mauvaises conditions, les tableaux et les pupitres manquent, des salles sont faites de matériaux précaires. Et le plus regrettable, c’est que de nombreux enfants et adolescents doivent marcher deux heures pour aller à l’école et presque tous arrivent sans avoir pris un petit déjeuner.

«On m’a taxé sur le plan personnel de type messianique et de fou, Je fais ici une parenthèse pour raconter que j’ai participé récemment à un cycle de conférences au Collège de Mexico. Et l’historien Lorenzo Meyer m’a demandé si j’avais pensé à quelque chose pour contrecarrer les attaques contre moi parce que, si on m’avait associé en 2006 à Chavez que je ne connais même pas, il n’était pas farfelu de penser que, en vue des élections présidentielles de 2012, on me comparerait au moins à Oussama Ben Laden.

«La campagne contre moi a atteint un tel niveau que beaucoup croient aux rumeurs selon lesquelles j’ai beaucoup d’argent et des résidences de luxe dans le pays et à l’étranger. Certains, obnubilés par leurs idées de droite, d’autres, complètement manipulés, ne peuvent accepter que je ne suis pas corrompu et que je me bats pour des idéaux et des principes, ce que je considère le plus important dans ma vie.

«Je suis fier toutefois de constater qu’on n’est pas parvenu à nous détruire et qu’on n’y arrivera pas. Non seulement parce que nous avons une autorité morale, mais aussi parce que nous, femmes et hommes qui participons à cette lutte, nous vouons un amour profond à nos semblables et que, au-delà des traîtrises et face à l’adversité, nous restons convaincus de pouvoir bâtir une société plus juste, plus humaine et plus égalitaire.»

Dans son chapitre final, Lopez Obrador signale dix objectifs, résumé de sa pensée politique:

« 1. Récupérer l’Etat et le mettre au service du peuple et de la nation.

« 2. Démocratiser les médias.

« 3. Créer une nouvelle économie.

« 4. Combattre les pratiques monopolistiques.

« 5. Abolir les privilèges fiscaux.

« 6. Faire de la politique en tant qu’impératif moral et pratiquer l’austérité républicaine.

« 7. Renforcer le secteur énergétique.

« 8. Assurer la souveraineté alimentaire.

« 9. Instaurer l’Etat-providence.

« 10. Promouvoir un nouveau courant de pensée.

Il se demande:

«Que faire de la mafia?

«Notre réponse à: que faire de la mafia? ou plutôt: que faire des oligarques? va dans un autre sens et part de notre conception que le principal problème du Mexique est justement la primauté d’une poignée de gens qui possèdent le pouvoir et sont les responsables de la tragédie nationale actuelle. Et si nous sommes attachés, comme cela est évident, à instaurer la démocratie et à transformer le pays, il vaut mieux que l’on sache dès maintenant ce que nous ferons des oligarques quand notre cause aura triomphé.

«…ce qui a primé, hélas, dans notre pays, c’est la cupidité, s’enrichir à tout prix, sans le moindre scrupule moral. Autrement dit, la culture de la débrouillardise et la maxime du: mets-t-en plein les poches.»

Il conclut, p. 205, sur ces mots:

«La révolution des consciences est donc en marche afin de bâtir la nouvelle République. La tâche est sublime. Rien ne peut être plus important dans le domaine public que la renaissance du Mexique. Aucune autre activité ne produit plus de satisfaction que de lutte pour le bien d’autrui. C’est un orgueil de vivre témérairement et d’avoir en plus le bonheur d’écrire l’Histoire.»

Son livre est une dénonciation courageuse et irréfutable de la mafia qui s’est emparée du Mexique.

1. Il ne parle pas du fait que les USA constituent un marché de drogues colossal et que leur industrie militaire fournit les armes les plus perfectionnées, ce qui a converti le Mexique en la première victime d’une guerre sanglante dans laquelle plus de cinq mille jeunes Mexicains perdent la vie tous les ans. Je comprends toutefois que quelqu’un qui parcourt inlassablement les parages les plus reculés du pays ne pouvait pas aborder ce point. J’estime donc un devoir de ma part de rappeler au peuple mexicain que ce problème s’ajoute aux faits dénoncés avec courage par Lopez Obrador.

2. Il ne dit pas non plus que les changements climatiques sont devenus un danger colossal pour la survie de notre espèce et qu’ils provoquent déjà, de fait, de très graves problèmes comme celui que souffre actuellement la Russie, où le nombre de victimes de la chaleur et de la fumée des incendies provoqués dans les forêts et la tourbe ont plus que doublé celle des personnes qui demandent des services funèbres à Moscou et dans d’autres villes. C’est justement au Mexique que doit se tenir le prochain Sommet sur les changements climatiques et bien d’autres activités connexes.

3. Il omet toute référence au danger imminent de guerre nucléaire qui risquerait de faire disparaître notre espèce. Il est juste toutefois de signaler que Lopez Obrador a fini son livre le 24 mai 2010, quand le Conseil de sécurité n’avait pas encore adopté la Résolution 1929, qui date du 9 juin 2010 et qui ordonne l’inspection des cargos iraniens, déclenchant une situation incontournable.

Lopez Obrador sera toutefois la personne dotée de plus d’autorité morale et politique au Mexique quand le système s’effondrera et, avec lui, l’Empire. Sa contribution à la lutte pour éviter que le président Obama ne déclenche cette guerre sera d’une grande valeur.

Fidel Castro Ruz, le 11 août 2010, 21 h 53

Traduction ESTI

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ISRAËL N'ATTAQUERA PAS LE PREMIER

Les anciens officiers de la CIA Phil Giraldi et Larry Johnson; W. Patrick Lang, des forces spéciales de l’Agence de renseignement de la Défense ; Ray McGovern, de l’Agence de renseignement de la marine et de la CIA, et d’autres hauts anciens officiers ayant de longues années de service derrière eux ont raison d’avertir Obama que le Premier ministre israélien projette une attaque surprise dans l’idée de contraindre les États-Unis à une guerre contre l’Iran.

Mais, grâce à la Résolution 1929 votée par le Conseil de sécurité des Nations Unies, Israël est parvenu à ce que les USA s’engagent à être les premiers à attaquer.

Après ça, Netanyahu n’oserait pas le faire le premier, car une action de ce genre lui mettrait à dos toute les puissances nucléaires, et ce n’est pas un idiot.

A eux tous, les ennemis de l’Iran ont provoqué une situation absurde. Obama n’aurait plus d’autre choix que d’ordonner la mort de centaines de millions d’innocents, et les équipages de ses bâtiments de guerre patrouillant à proximité de l’Iran seraient les premiers à périr, et ce n’est pas un assassin.

Voilà ce que je pense sans crainte de me tromper.

Le pire serait que quelqu’un commette une erreur funeste qui précipiterait les événements avant la fin du délai fixé par le Conseil de sécurité pour commencer à inspecter le premier cargo iranien.

Mais il n’y a pas de raisons d’être si pessimiste.

Fidel Castro Ruz, le 10 août 2010, 19 h 30

Traduction ESTI

Posté par moncada à 09:22 - - Permalien [#]

PRÉSIDENT DES ÉTATS-UNIS, FAITES-LE !

Un article qui contenait vraiment beaucoup de choses en rapport avec la marée noire survenue voilà maintenant cent cinq jours a été publié voilà quelques jours.

C’est le président Obama qui a autorisé ce forage, parce qu’il faisait confiance en la capacité de la technologie moderne en matière de production de pétrole, ce produit vital pour la civilisation actuelle mais dont la consommation excessive suscite les protestations énergiques des écologistes, et dont il souhaite, lui, disposer en abondance pour libérer les Etats-Unis de leur dépendance d’envers les livraisons extérieures.

George W. Bush en personne n’avait même pas osé franchir ce pas, compte tenu des expériences amères ayant découlé en Alaska d’un pétrolier qui transportait du pétrole tiré de là-bas.

L’accident est survenu lors de la recherche du pétrole qu’exige désespérément la société de consommation, une société que les générations actuelles ont héritée des précédentes, excepté que tout marche aujourd’hui à une vitesse inimaginable.

Des scientifiques et des environnementalistes ont exposé des théories relatives aux catastrophes qui se sont produites pendant des centaines de millions d’années quand d’énormes bulles de méthane provoquèrent de gigantesques tsunamis qui, accompagnés de vents et de vagues atteignant le double de la vitesse du son et de vagues de jusqu’à mille cent mètres de haut, balayèrent une grande partie de la planète et anéantirent 96 % des espèces vivantes.

Ils redoutent que le golfe du Mexique qui, pour une raison cosmique donnée, est la région où la roche karstique nous sépare de l’énorme couche de méthane, soit percé à cause de cette recherche désespérée de pétrole menée grâce à des équipements à technologie de pointe dont on dispose aujourd’hui.

A propos de la marée noire causée par British Petroleum, les agences de presse informent ce qui suit :

«…le gouvernement étasunien a averti que les gens devaient s’éloigner de l’épicentre des opérations, menaçant de leur imposer un amende de 40 000 dollars pour chaque infraction et de les arrêter pour des délits plus importants.

«L’Agence de contrôle environnemental des USA a informé officiellement que la plate-forme nº1 dégageait du méthane, du benzène, du sulfure d’hydrogène et d’autres gaz toxiques. Les travailleurs sur le terrain utilisent maintenant des moyens de protection de pointe, dont des masques à gaz de dernière génération fournis par les militaires."

Des faits capitaux se produisent avec une fréquence inhabituelle.

Le premier et le plus immédiat est le risque d’une guerre nucléaire après que le Cheonan, un navire de guerre dernier cri, a été coulé, selon le gouvernement sud-coréen, par la torpille d’un sous-marin soviétique –datant tous les deux de plus de cinquante ans– tandis que d’autres sources donnent la seule cause possible, mais non détectable: une mine posée sur la coque du Cheonan par les services de renseignement étasuniens. Le gouvernement de la République populaire et démocratique de Corée en a aussitôt été accusé.

Cet étrange événement fut suivi, quelques jours plus tard, du vote, au Conseil de sécurité des Nations Unies, de la résolution 1929 ordonnant l’inspection des cargos iraniens d’ici à 90 jours.

Le second risque, qui produit déjà des effets dévastateurs, est la progression des changements climatiques, dont les effets sont pires, comme le dénonce le documentaire Home, réalisé par Yann Arthus-Bertrand avec la participation des écologistes les plus prestigieux du monde. Et maintenant, ce déversement de pétrole dans le golfe du Mexique, à quelques kilomètres de notre patrie, qui engendre toute sorte de préoccupations.

Le 20 juillet, une dépêche de l’agence de presse EFE rapportait les déclarations du maintenant fameux amiral Thad Allen, coordonnateur et responsable de la lutte contre la marée noire dans le golfe du Mexique, qui «a autorisé British Petroleum, propriétaire du puits et coupable du déversement, à poursuivre pendant 24 heures de plus les tests qu’elle faisait pour déterminer la solidité de la structure "Macondo" après l’installation, dix jours plus tôt, d’une nouvelle cloche d’endiguement.»

«Selon des chiffres officiels, il existe près de 27 000 puits abandonnés dans le lit marin du golfe…»

«92 jours après l’accident de la plateforme de la BP, la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du sol marin.»

C’était la première fois qu’une déclaration officielle faisait état de la crainte de voir le pétrole commencer à couler de puits qui ne sont plus productifs.

Les lecteurs intéressés par la question s’arrangent pour tirer les données scientifiques d’un fatras de nouvelles sensationnalistes. Il est pour moi des faits dont l’explication n’est pas satisfaisante. Pourquoi l’amiral Allen a-t-il donc dit que «la principale inquiétude de l’administration étasunienne est que la structure souterraine du puits ne soit endommagée et que le pétrole ne filtre à travers les roches et ne finisse par couler à différents endroits du sol marin»? Pourquoi la British Petroleum a-t-elle déclaré qu’on ne saurait l’accuser pour le pétrole brut qui a jailli à 15 kilomètres du puits accidenté?

Il faudrait attendre 15 jours de plus, nécessaires pour forer le puits auxiliaire dont la trajectoire est quasiment parallèle à celle du puits qui a causé la catastrophe, tous deux séparés par moins de cinq mètres, selon l’avis du groupe cubain qui analyse le problème. Entre-temps, nous devons attendre, sages comme des images…

Si on dépose une telle confiance dans le puits parallèle, pourquoi n’a-t-on pas pris cette mesure plus tôt? Que ferons-nous si elle échoue, comme toutes les autres?

Un échange récent avec quelqu’un d’extrêmement bien informé des détails de l’accident, du fait des intérêts de son pays, m’a permis d’apprendre qu’il n’existait pas de risque d’émanation de méthane en raison des caractéristiques du puits et de son environnement.

Le 23 juillet, aucune nouvelle ne parlait de ce problème.

Le 24 juillet, l’agence DPA écrivait: «Un scientifique étasunien éminent a accusé la société pétrolière britannique BP, devant la chaîne de télévision BBC, de soudoyer des experts qui analysent la marée noire dans le golfe du Mexique pour qu’ils retardent la publication des données», sans relier toutefois cette immoralité avec le moindre dommage à la structure du fonds marins et avec les émanations de pétrole et les niveaux de méthane inhabituels.

Le 26 juillet, les principaux médias londoniens –BBC, Sunday Times, Sunday Telegraph et d’autres– informaient que le «conseil de direction» de la BP «devait décider ce jour-ci du départ du président exécutif (Tony Hayward) pour sa mauvaise gestion du déversement de pétrole dans le golfe du Mexique».

De leur côté, Notimex et El Universal, de Mexico, informaient qu’à la BP, «aucune décision n’avait été adoptée quant au changement de cadres et qu’un conseil de direction était prévu dans l’après-midi».

Le 27 juillet, les agences de presse faisaient savoir que le président exécutif de BP avait été licencié.

28 juillet. Douze dépêches de presse informaient que quatorze pays, dont les USA et plusieurs de leurs plus importants alliés, avaient fait des déclarations embarrassées après la divulgation par l’organisation Wikileaks de documents secrets sur la guerre en Afghanistan. Tout en se disant «inquiet» devant ces fuites, Obama signalait que les informations «dataient et ne contenaient rien de nouveau».

Une déclaration cynique.

«Le fondateur de Wikileaks, Julian Assange, a affirmé que les documents prouvaient les crimes de guerre commis par les forces étasuniennes.»

Ce fut si évident que ces révélations ont ébranlé jusque dans leurs fondations la volonté de secret étasunienne. Les documents parlent de «morts de civils jamais mentionnées publiquement». Ces révélations ont causés des frictions entre les parties impliquées dans ces atrocités.

Sur les risques de gaz méthane émanant des puits qui ne sont pas en production, silence absolu.

29 juillet. Une dépêche de l’AFP révélait l’inimaginable: Oussama Ben Laden appartenait aux services de renseignement étasuniens. «Oussama Ben Laden apparaît dans les rapports secrets publiés par Wikileaks comme un agent actif, agissant et adulé par ses hommes dans la région afghano-pakistanaise».

On savait qu’Oussama avait coopéré avec les USA dans la lutte des Afghans contre l’occupation soviétique, mais on supposait qu’il avait accepté l’appui des USA et de l’OTAN dans sa lutte contre l’invasion étrangère comme un mal nécessaire et qu’une fois le pays libéré, il avait repoussé l’ingérence étrangère et créé l’organisation Al Qaida pour combattre les USA.

De nombreux pays, dont Cuba, condamnent ses méthodes terroristes qui causent la mort d’innombrables innocents.

Quelle ne serait pas la surprise de l’opinion publique mondiale si elle apprenait qu’Al Qaida est une création du gouvernement étasunien!

Liquider les talibans a été une justification de la guerre en Afghanistan, puis l’un des motifs de l’invasion et de l’occupation de l’Irak par les troupes étasuniennes. Deux pays où sont morts des milliers de jeunes Etasuniens et où beaucoup ont été mutilés. Où plus de 150 000 soldats étasuniens sont engagés pour une durée indéfinie et, à leurs côtés, les membres des troupes de cette organisation belliciste qu’est l’OTAN et d’autres alliés comme l’Australie et la Corée du Sud.

29 juillet. La presse publiait la photo d’un Etasunien de vingt-deux ans, Bradley Manning, analyste du renseignement, celui qui a fait passer au site web Wikileaks 240 000 documents secrets. Pas de déclaration sur sa culpabilité ou son innocence. On ne pourra pas toutefois toucher un cheveu de sa tête, parce que les membres de Wikileaks ont juré de faire connaître la vérité au monde.

30 juillet. Le théologien brésilien Frei Betto publiait un article intitulé: «Cri de la terre, clameur des peuple», dont deux paragraphes résument la quintessence:

«Les anciens Grecs l’avaient déjà constaté. Gaïa, la Terre, est un organisme vivant. Et nous sommes ses fruits, engendrés en 13,7 milliards d’années d’évolution. Or, ces deux cents dernières années, nous n’avons pas su veiller sur elle, nous l’avons transformée en une marchandise dont nous espérons tirer les plus gros profits.»

«Toutes les formes de vie sur la planète sont désormais menacées, dont l’espèce humaine (les deux tiers de la population mondiale survit au-dessous du seuil de pauvreté) et la Terre elle-même. Eviter que l’Apocalypse ne se précipite exige la remise en cause des mythes de la modernité –marché, développement, Etat uninational –tous basés sur la raison instrumentale.»

Ce même jour, l’AFP informait: «La République populaire de Chine "désapprouve les sanctions unilatérales" adoptées par l’Union européenne contre l’Iran, a déclaré aujourd’hui le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jiang Yu».

La Russie protestait énergiquement à son tour contre la mise en place de ces sanctions de la part de cette région étroitement alliée aux USA

Le 30 juillet, selon une dépêche de l’AFP, le ministre de la Défense israélien déclarait: «Les sanctions imposées à l’Iran par l’ONU […] ne lui feront pas interrompre ses activités d’enrichissement d’uranium afin de fabriquer une bombe atomique».

Le 1er août, selon une dépêche de l’AFP :

«Un haut chef militaire des Gardiens de la révolution a mis en garde les USA contre une éventuelle attaque contrer l’Iran».

«Israël n’a pas renoncé à une action militaire contre l’Iran pour arrêter son programme nucléaire.

«La communauté internationale, conduite par Washington, a récemment intensifié ses pressions sur l’Iran, l’accusant de chercher à se doter de l’arme nucléaire sous prétexte d’un programme nucléaire civil.

«Les affirmations de Javani ont précédé une déclaration du chef de l’Etat-major interarmes étasunien, Michael Mullen, qui a assuré dimanche que les USA avaient prévu un plan d’attaque contre l’Iran pour l’empêcher de se doter de l’arme nucléaire.»

Le 2 août, l’AFP faisait savoir, en même temps que les autres agences de presse :

«Je dois me rendre en septembre à New York pour participer à l’Assemblée générale des Nations Unies. Je suis prêt à m’asseoir face à face avec Obama, d’homme à homme, pour parler librement des affaires du monde devant les médias, afin de trouver la meilleure solution", a affirmé Ahmadinejad dans un discours diffusé par la télévision publique.

«Mais le président Ahmadinejad a averti que le dialogue devait se baser sur le respect mutuel.

«S’ils croient pouvoir agiter un bâton et nous dire que nous devons accepter tout ce qu’ils disent, ils se trompent", a-t-il ajouté. Les puissances occidentales "ne comprennent pas que les choses ont changé dans le monde", a-t-il précisé.

«Vous soutenez un pays qui possède des centaines de bombes atomiques, mais vous dîtes vouloir arrêter l’Iran qui pourrait éventuellement en avoir une un jour…»

Les Iraniens ont déclaré qu’ils lanceraient cent missiles contre chacun des bateaux étasuniens et israéliens qui bloquent l’Iran dès qu’un seul cargo iranien serait arraisonné.

Ainsi donc, dès qu’Obama ordonnera d’accomplir la résolution du Conseil de sécurité, il décrétera la perte de tous les bâtiments de guerre étasuniens patrouillant dans cette zone.

Il n’est échu une décision aussi dramatique à aucun autre président des USA. Il aurait dû le prévoir.

Je m’adresse en l’occurrence pour la première fois de ma vie au président des USA, Barack Obama:

Vous devez savoir que vous avez les moyens d’offrir à l’humanité la seule possibilité réelle de paix. Vous ne pourrez utiliser qu’une seule fois votre prérogative de donner l’ordre de tirer.

Il se peut qu’après cette expérience traumatique, on trouve des solutions qui ne nous conduisent pas une fois de plus à une situation si apocalyptique. Tout le monde dans votre pays, même vos pires adversaires de gauche ou de droite, vous en saura assurément gré, ainsi que le peuple étasunien qui n’est absolument pas coupable de la situation qui s’est créée.

Je vous demande de daigner écouter cet appel que je vous lance au nom du peuple cubain.

Je comprends qu’on ne saurait attendre une réponse rapide, ce que vous ne feriez jamais, d’ailleurs. Pensez-y bien, consultez vos spécialistes, demandez leur avis sur ce point à vos plus puissants alliés et adversaires internationaux.

Les honneurs ni les gloires ne m’intéressent. Faites-le!

Le monde pourra se libérer vraiment des armes atomiques et des armes classiques.

La pire des variantes serait la guerre nucléaire, qui est d’ores et déjà virtuellement inévitable.

EVITEZ-LA!

Fidel Castro Ruz, le 3 août 2010, 18 h

Traduction ESTI

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LA VICTOIRE STRATÉGIQUE

Le livre intitulé La victoire stratégique dans lequel je raconte la bataille qui empêcha l’extermination de la petite Armée rebelle, sera publié dans quelques jours.

J’explique dans l’Introduction mes doutes au sujet du titre: «…je ne savais pas si je devais l’intituler La dernière offensive de Batista ou Comment 300 en vainquirent 10 000», qui semblerait une nouvelle de science-fiction…

Il comprend une petite autobiographie: «Je ne voulais pas attendre qu’on publie un jour les réponses à d’innombrables questions qu’on m’a posées sur mon enfance, mon adolescence et ma jeunesse, ces étapes qui ont fait de moi un révolutionnaire et un combattant armé.»

Je me suis finalement décidé pour: La victoire stratégique.

Divisé en vingt-cinq chapitres, il contient de nombreuses photos de la meilleure qualité possible compte tenu de l’époque et les cartes pertinentes.

Il présente aussi des graphiques sur les types d’armes utilisées par les deux adversaires.

Aux dernières pages du chapitre 24, je dis des choses qui se sont avérées prémonitoires.

A la fin de l’allocution que j’écrivis pour être lue sur Radio-Rebelde le 7 août [1958], au lendemain de la bataille finale de Las Mercedes, j’affirmai:

«L’offensive a été liquidée. Le plus impressionnant effort militaire jamais consenti dans notre histoire républicaine s’est achevé sur le désastre le plus épouvantable, un désastre que n’auraient jamais pu imaginer l’orgueilleux dictateur et ses troupes, dont la fuite, au terme de deux mois et demi où elles sont allées de défaite en défaite, marque les jours finals de son odieux régime. La Sierra Maestra est désormais absolument débarrassée de forces ennemies

J’écris dans La victoire stratégique :

«La déroute de l’offensive ennemie, au terme de soixante-quatorze jours de combats incessants, marqua le virage stratégique de la guerre. Dès lors, le sort de la tyrannie fut définitivement jeté dans la mesure où l’imminence de son effondrement militaire était évidente.

«Je rédigeai ce même jour une lettre à l’adresse du major-général Eulogio Cantillo, qui dirigea toute la campagne ennemie depuis le poste de commandement de la zone d’opérations, à Bayamo. Je lui confirmai que nous avions fait environ cent soixante prisonniers, dont beaucoup étaient blessés, et que nous étions prêts à engager sans retard des négociations pour les lui remettre. Cette seconde remise de prisonniers se réalisa plusieurs jours après, à Las Mercedes, après des démarches compliquées.

«Durant ces soixante-quatorze jours de combats intenses qui permirent de repousser et de vaincre la grande offensive ennemie, nos troupes eurent trente et un morts. Les tristes nouvelles n’entamèrent jamais le moral de nos troupes, bien que la victoire ait souvent eu un goût amer. Pourtant, nous aurions pu perdre bien plus de combattants compte tenu de l’intensité, de la durée et de la violence des actions terrestres et des attaques aériennes; si ce ne fut pas le cas, c’est parce que nos guérilleros avaient atteint une adresse extraordinaire dans la nature sauvage de la Sierra Maestra et qu’ils faisaient preuve entre eux d’une grande solidarité. Des blessés graves réchappèrent bien souvent parce que leurs compagnons faisaient tout d’abord l’impossible pour les transporter en plein combat là où les médecins pouvaient les soigner, et ce malgré le terrain escarpé et le sifflement des balles.

«J’ai mentionné au long de ces pages les noms des morts, mais je tiens à en dresser de nouveau la liste complète, parce que ces martyrs méritent que notre peuple les rappelle éternellement avec respect et admiration:

Commandants: Andrés Cuevas, Ramón Paz et René Ramos Latour, (Daniel).

Capitaines: Angel Verdecia et Geonel Rodriguez.

Lieutenants: Teodoro Banderas, Fernando Chavez, (El Artista), et Godofredo Verdecia.

Combattants: Misail Machado, Fernando Martinez, Albio Martinez, Wilfredo Lara (Gustavo), Wilfredo Gonzalez (Pascualito), Juan de Dios Zamora, Carlos Lopez Mas, Eugenio Cedeño, Victuro Acosta (El Bayamés), Francisco Luna, Roberto Corria, Luis Enrique Carracedo, Elinor Teruel, Juan Vazquez (Chan Cuba), Giraldo Aponte (El Marinero), Federico Hadfeg, Felipe Cordumy, Lorenzo Véliz, Gaudencio Santiesteban, Nicolas Ul, Luciano Tamayo, Angel Silva Socarras et José Diaz (El Galleguito).

Paysans collaborateurs: Lucas Castillo et des membres de sa famille; Ibrahim Escalona Torres.

«Honneur et gloire éternels, respect infini et affection pour ceux qui moururent alors.

«L’ennemi souffrit plus de mille pertes, dont plus de 300 morts et 443 prisonnier ; au moins cinq de ses grandes unités complètes furent annihilées, capturées ou désarticulées; nous nous emparâmes de 507 armes, dont deux chars, dix mortiers, plusieurs bazookas et douze mitrailleuses calibre 30.

«A quoi il faut ajouter l’effet moral de ce dénouement et son importance sur le cours de la guerre: dès lors, l’initiative stratégique passa définitivement aux mains de l’Armée rebelle, maîtresse absolue, par ailleurs, d’un vaste territoire où l’ennemi ne tenterait même plus de pénétrer. De fait, la Sierra Maestra était libre à jamais.

«La victoire sur la grande offensive ennemie de l’été 1958 marqua le tournant irréversible de la guerre. L’Armée rebelle, triomphante et extraordinairement renforcée par l’énorme quantité d’armes qu’elle avait récupérée, était en mesure de lancer son offensive stratégique finale.

«Ces événements ouvrirent la voie à la nouvelle et ultime étape de notre guerre de libération, qui se caractérisa par l’invasion du centre du pays, et par l’ouverture du IVe Front oriental et du Front de Camagüey. La lutte gagna tout le pays. La grande offensive finale de l’Armée rebelle entraîna, grâce à la campagne fulminante d’Oriente et de Las Villas, la défaite définitive de l’armée de la tyrannie et, par voie de conséquence, l’effondrement militaire du régime et la prise du pouvoir par la Révolution victorieuse.

«Environ 3 000 hommes, équipés des armes enlevées à l’ennemi, décidèrent de la victoire de la contre-offensive de décembre 1958.

«Les colonnes du Che et de Camilo, progressant dans les plaines du Cauto et du Camagüey, atteignirent le centre du pays. A l’école de Minas del Frio, l’ancienne  1re colonne entraîna de nouveau plus de 1 000 recrues qui, conduites par des chefs nés de leurs propres rangs, occupèrent les localités et les villes sur la route nationale entre Bayamo y Palma Soriano. Nous détruisîmes des half-tracks T-37 flambant neufs, et les chars lourds et l’aviation de combat ne purent empêcher la prise de villes cent fois plus grandes que le petit hameau de Las Mercedes.

«La 1re Colonne en pleine avancée fut rejointe par les forces du IIe Front oriental Frank Pais, et c’est ainsi que nous occupâmes la ville de Palma Soriano le 27 décembre 1958.

"Le 1er janvier 1959 – la date exacte signalée dans la lettre que j’avais adressée à Juan Almeida avant le début de la dernière offensive de la dictature contre la Sierra Maestra –  la grève générale révolutionnaire, décrétée sur Radio Rebelde depuis Palma Soriano, paralysa le pays. Le Che et Camilo reçurent l’ordre d’avancer sur la route nationale vers la capitale, et aucune force ne leur résista.

"Cantillo, réuni avec moi, Raúl et Almeida, reconnut que la dictature avait perdu la guerre, mais tenta peu après dans la capitale de faire des manœuvres putschistes, contre-révolutionnaires et pro-impérialistes, violant les conditions d’un armistice qu’on lui avait imposées. Il n’empêche que trois jour plus tard, nous étions en possession des cent mille armes, des bateaux et des avions qui avaient peu avant permis et appuyé la fuite du dernier bataillon à être entré dans la Sierra Maestra.»

Une équipe du Bureau des questions historiques du Conseil d’Etat, des maquettistes du Grupo Creativo de Casa 4, sous la direction de l’ayudantia ; le cartographe Otto Hernandez, le général de brigade Amels Escalante, le maquettiste Jorge Oliver, le jeune dessinateur Geordanis Gonzalez, sous la direction de Katiuska Blanco, journaliste et écrivaine brillante et inlassable, sont les principaux acteurs de cette réussite.

Je pensais que le livre mettrait des mois à sortir. Je sais maintenant qu’il sera publié début août.

Moi, qui ai travaillé des mois sur ce thème après ma grave maladie, je me sens maintenant encouragé à continuer d’écrire la deuxième partie de cette histoire dont le titre sera, si l’équipe n’en suggère pas un autre, La contre-offensive stratégique finale.

Fidel Castro Ruz, le 27 juillet 2010, 11 h 20

Traduction ESTI

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L'AUTRE TRAGÉDIE

Lors de ma réunion avec les économistes du Centre de recherche sur l’économie mondiale (CIEM), le mardi 13 juillet, je leur ai parlé de l’excellent documentaire réalisé par le cinéaste français Yann Arthus-Bertrand avec la participation des personnalités internationales les plus prestigieuses et les mieux informées, sur un autre terrible danger qui menace notre espèce et qui se déroule sous nos yeux: la destruction de l’environnement.

Le documentaire affirme d’une manière claire et lapidaire:

«Dans la grande aventure de la vie sur la Terre, chaque espèce a un rôle à jouer, chaque espèce occupe sa place. Aucune n’est inutile ou nocive, elles s’équilibrent toutes. Et c’est là où, toi, homo sapiens, l’homme qui pense, tu entres dans l’Histoire. Tu profites du fabuleux héritage de 4 milliards d’années que te donne la Terre. Tu n’as que 200 000 ans, mais tu as déjà changé la face du monde.

«L’invention de l’agriculture a changé notre histoire. C’était il y a moins de 10 000 ans.

« L’invention de l’agriculture a bouleversé notre histoire. C’était il y a moins de dix mille ans. Elle fût notre première grande révolution. Elle nous a apporté nos premiers surplus. Nous avons fondé nos villes et nos civilisations. Le souvenir des millénaires de cueillette sauvage est effacé. Les céréales dont nous avons fait le levain de notre vie, nous en avons multiplié les variétés. Nous avons appris à les marier avec nos terroirs et nos climats. Nous sommes comme toutes les espèces sur la Terre, notre inquiétude première est de se nourrir chaque jour. Quand le sol est devenu moins généreux et l’eau plus rare, nous avons déployé des prodiges pour extraire de la terre notre subsistance. »

«La moitié de l’humanité laboure le sol, dont plus des trois quarts à la main.

« L’énergie pure, l’énergie du soleil captée pendant des millions d’années par des millions de végétaux il y a plus de cent millions d’années. C’est le charbon, c’est le gaz et c’est surtout le pétrole.

« Au cours des soixante dernières années, la population du globe a presque triplé et plus de deux milliards d'hommes ont rejoint les villes.

« New York, la première mégapole du monde, est le symbole de l’exploitation de toutes les énergies offertes par la Terre au génie des hommes. La force des bras de millions d’immigrés, l’énergie du charbon, la puissance décuplée du pétrole. L’Amérique a été la première à utiliser la puissance nouvelle et prodigieuse de l’or noir. Dans les campagnes, les machines ont remplacé les hommes. Un litre de pétrole fournit autant d’énergie que cent paires de bras pendant 24h.

« La seule production céréalière des Etats-Unis pourrait nourrir deux milliards de personnes. Mais ici, beaucoup de ce grain ne sert pas à alimenter les gens. Comme dans tous les pays industrialisés, ces céréales sont d'abord transformées en nourriture pour le bétail et en agro carburant.

« A perte de vue, engrais dessous, plastiques dessus, les serres du désert d'Almeria sont le potager de l'Europe. Une ville de légumes bien calibrés attend chaque jour les centaines de camions qui vont les porter dans les supermarchés. Plus un pays est développé, plus ses habitants consomment de viande. Comment satisfaire une demande croissante dans le monde sans concevoir des élevages de bovins quasi concentrationnaires ?Tout s’accélère : dans l’immensité de ces corrals piétinés par des millions de bêtes, pas une herbe ne pousse. Une noria de camions venant de tous les horizons du pays apportent des tonnes de céréales, soja et granulés hyperconcentrés qui se transformeront en tonnes de viande. Bilan : Il faut cent litres d'eau pour produire un kilo de pomme de terre, quatre mille pour un kg de riz, treize mille pour un kg de boeuf, sans compter le pétrole pour sa production et son transport.

Nous savons que la fin de ce pétrole bon marché s'annonce, mais nous ne voulons pas le croire.

« Los Angeles. Dans cette ville qui s’étire sur plus de cent kilomètres, le nombre des voitures est quasi égal au nombre d’habitants.

« Les jours ne semblent plus être qu’un pâle reflet de ces nuits qui font de la ville un ciel étoilé.

« Partout des machines fouillent, retournent arrachent à la terre les minerais enfouis dans ses profondeurs depuis sa création.

« … 80 % de cette richesse souterraine est consommée par 20 % de la population du globe. Avant la fin du siècle, cette exploitation sans mesure aura épuisé la quasi totalité des réserves de la planète.

« Depuis 1950, les échanges internationaux ont été multipliés par vingt. 90 % de ces échanges transitent par la voie maritime. Cinq cent millions de conteneurs sont transportés chaque année et rejoignent les grands centres de consommation du monde.

«Depuis 1950, les prises de pêche ont quintuplé, de 18 millions à 100 millions de tonnes par an. Des milliers de navires-usines sont en train de vider les océans. Les trois quarts des zones de pêche sont  épuisées, terminées ou en danger de l’être.

« Cinq cents millions d'hommes habitent les contrées désertiques du monde. Davantage que toute la population européenne réunie.

« Israël a fait d’un désert un pays agricole. Même si ces serres sont désormais irriguées au goutte à goutte, les besoins en eau ne cessent d’augmenter avec les exportations. La rivière du Jourdain n’est plus qu’un mince filet d’eau. Son eau s’en est allée, en partie dans des barquettes de légumes et de fruits vers les supermarchés du monde.

« L'Inde risque d'être le pays le plus touché par le manque d'eau au cours de ce siècle. L'irrigation massive a permis de nourrir la population croissante. Et en cinquante ans, vingt et un millions de puits y ont été creusés.

« Las Vegas a été créé en plein désert. Des millions de personnes y vivent, des milliers d’autres les rejoignent chaque mois. Les habitants de Las Vegas sont parmi les plus grands consommateurs d'eau au monde.

« Palm Springs est une autre ville du désert. Avec sa végétation de pays humide et ses impeccables parcours de golf. Mais combien de temps ce mirage peut-il prospérer ? Combien de temps ? La Terre ne peut plus suivre ce rythme effréné.

«Le Colorado qui alimente ces villes est un de ces fleuves qui n’atteignent plus la mer.

« Le manque d'eau pourrait toucher près de deux milliards de personnes dans le monde avant 2025.

« Tout est vivant, tout est lié. L'eau, l'air, le sol, les arbres.

« Les arbres des forêts primaires abritent les trois-quarts de la biodiversité de la planète. C'est-à-dire de tout ce qui vit sur terre.

« Mais en à peine quarante ans, la plus grande forêt de la planète, l'Amazonie a perdu un cinquième de sa surface. La forêt fait place à l'élevage et à la culture de soja. 95 % de ce soja servira à nourrir le bétail et les volailles d'Europe et d'Asie. Et voilà comment on transforme une forêt en viande.

« Plus de deux milliards de personnes sur la planète dépendent encore du charbon de bois. Près du tiers de la population mondiale. A Haïti, l’un des pays les plus pauvres au monde, le charbon de bois est l’un des principaux produits de consommation.

« Sur les collines d’Haïti, il ne reste que 2 % des forêts.

« Chaque semaine dans le monde, plus un million d'habitants s'ajoutent à la population des villes. Chaque semaine ! Un être humain sur six vit dans un habitat précaire, insalubre, surpeuplé sans accès aux installations nécessaires à la vie courante. Eau, toilette, électricité. La faim croit de nouveau, elle frappe aujourd'hui près d’un milliard de personnes. Dans les poubelles du monde, les plus pauvres fouillent pour leur survie alors que nous continuons à creuser en quête de ressources que nous croyons indispensables.

«Nos activités rejettent des quantités gigantesques de dioxyde de carbone. Sans nous en rendre compte le moins du monde, molécule par molécule, nous avons bouleversé l’équilibre climatique de la Terre.

«Sous l'effet du réchauffement, la banquise a perdu 40 % de son épaisseur en quarante ans. Sa surface en été se réduit d'année en année. Elle pourrait disparaître avant 2030, certains disent 2015.

«Avant 2050, le quart de toutes les espèces vivantes sur terre pourrait être menacé de disparition.

« Et avec le réchauffement accéléré du Groenland, c'est l'eau douce de tout un continent qui rejoint l'eau salée des océans. Dans ses glaces, le Groenland retient 20 % des eaux douces de la planète. Leur fonte entraînerait une élévation du niveau des mers de près de sept mètres. L'atmosphère de notre terre est une et indivisible. Elle est notre bien commun.

« À la surface du Groenland, des lacs éclosent dans le paysage. La calotte glaciaire a commencé à fondre à un rythme que même les scientifiques les plus pessimistes n'imaginaient pas il y a moins de 10 ans. Les bédières, ces rivières glaciaires, se multiplient et se rejoignent et crèvent la surface. On pensait que leur eau gèlerait dans l'épaisseur de la calotte. Au contraire, elle coule jusque sous la glace. Elle entraîne la calotte qui glisse plus rapidement vers la mer et se brise en iceberg.

« La dilatation des eaux sous l'effet de la chaleur a provoqué au cours du seul 20ème siècle une hausse de 20cm. Tout se dérègle. Les coraux par exemple sont extrêmement sensibles aux moindres changements de la température des eaux. 30 % ont déjà disparu. Ils sont un maillon essentiel dans la chaîne continue des espèces.

« Que feront les grandes villes côtières comme Tokyo, la plus peuplée du monde, si la hausse du niveau des mers continue de s’accélérer ?

«…en Sibérie, comme dans d'autres endroits du globe, il fait si froid que les sols restent gelés en permanence. Ce sol, c’est le permafrost, sous sa surface se cache une véritable bombe climatique, le méthane. Le méthane est un gaz à effet de serre vingt fois plus puissant que le dioxyde de carbone. Si ce permafrost fondait, le dégagement de méthane provoquerait un emballement de l'effet de serre dont nul ne peut prévoir les conséquences.

« Vingt pour cent des hommes consomment 80 % des ressources de la planète.

«  Les dépenses militaires mondiales sont douze fois plus élevées que l'aide au développement.

«  Cinq mille personnes meurent chaque jour à cause de l'eau insalubre. Un milliard d'hommes n'ont pas accès à l'eau potable.

« Près d’un milliard de personnes ont faim Plus de 50 % des céréales commercialisées dans le monde sont destinées à l'élevage et aux agrocarburants.

«  Les espèces s'éteignent à un rythme 1000 fois supérieur au rythme naturel.

«  Les trois quarts des ressources de pêche sont épuisés, en déclin ou à la limite de l'être.

«  La température moyenne des 15 dernières années a été la plus élevée jamais enregistrée. « La banquise a perdu 40 % de son épaisseur en 40 ans.

Dans les dernières minutes de son documentaire, Yann Arthus-Bertrand parle un langage moins dur pour faire l’éloge de certaines initiatives positives de pays qu’il a eu le devoir de mentionner sans vouloir les offenser ni les blesser.

Il affirme à la fin:

« C'est le moment d'aller à la rencontre l'un de l'autre. Car ce qui est important, ce n'est pas ce que nous avons perdu, mais ce qu'il nous reste. Il nous reste la moitié des forêts du monde, des milliers de rivières de lac et de glaciers. Des milliers d'espèces bien vivantes encore.

« Nous savons très bien qu'aujourd'hui des solutions existent. Nous avons tous le pouvoir de changer. Alors, qu'est-ce que l'on attend ?

« À nous d'écrire la suite de notre histoire. Ensemble. »

Le thème qui a occupé la plupart de mes efforts – le danger imminent d’une guerre qui serait la dernière de la préhistoire de notre espèce – et auquel j’ai consacré neuf Réflexions depuis le 1er juin, constitue un danger qui s’aggrave de jour en jour.

Logiquement, 99% des gens abritent l’espoir que le bon sens le plus élémentaire prévaudra.

A voir tous les aspects de la réalité, néanmoins, je n’envisage aucune possibilité, hélas, qu’il en soit ainsi.

Je pense donc qu’il serait bien plus pratique que nos peuples se préparent à faire face à cette réalité. C’est dans cet effort que réside notre seul espoir.

C’est bien ce que font les Iraniens, comme nous l’avions fait, nous, en octobre 1962, quand nous avions décidés de disparaître plutôt que de nous rendre.

Aujourd’hui comme hier, c’est le jeu du hasard, non le mérite de l’intelligence ou de l’histoire individuelle d’aucun de nous.

Les nouvelles quotidiennes en provenance de l’Iran ne s’écartent pas le moins du monde de leur position initiale: soutenir leur juste droit à la paix et au développement, mais avec un facteur nouveau, la production de 20 kg d’uranium enrichi à 20%, assez pour construire un engin nucléaire, ce qui affole encore plus ceux qui ont adopté depuis belle lurette la décision d’attaquer ce pays. C’est quelque chose que j’ai analysé vendredi 16 avec nos ambassadeurs.

Obama n’y pourra rien, et il n’a d’ailleurs pas montré la moindre intention d’y faire quoi que ce soit.

Fidel Castro Ruz, le 18 juillet 2010, 16 h 28

Traduction ESTI

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L'ORIGINE DES GUERRES

J’ai affirmé le 4 juillet que les Etats-Unis ne céderaient pas, et l’Iran non plus: «…les uns, par arrogance de puissants; l’autre, par la résistance au joug et par la capacité de combattre, comme cela est arrivé si souvent dans l’histoire de l’homme.»

Dans presque toutes les guerres, une des parties souhaite l’éviter, et parfois les deux. En l’occurrence, celle-ci éclaterait, même si l’une de parties ne le désire pas, comme cela arriva lors des guerres mondiales de 14-18 et de 39-45, séparées par vingt-cinq ans à peine.

La boucherie fut effroyable. Ces guerres n’auraient pas éclaté sans des erreurs de calculs préalables des deux parties qui défendaient des intérêts impérialistes et croyaient pouvoir atteindre leurs objectifs sans de si terribles coûts.

Dans le cas présent, l’une des parties défend des intérêts nationaux absolument justes; l’autre poursuit des visées illégitimes et des intérêts bassement matériels.

Quand on analyse toutes les guerres qui se sont déroulées dans les annales de l’Histoire, on constate que l’une des parties a toujours visé ces objectifs-ci.

L’illusion qu’il soit possible de les atteindre en l’occurrence sans la plus terrible de toutes les guerres est absolument vaine.

Dans l’un des meilleurs articles publiés sur le site web Global Research, le 11 avril 2010,  Rick Rozoff apporte de nombreux critères incontestables sur les visées des USA. Toute personne qui se veut bien informée doit les connaître.

Selon cet auteur, les USA pensent qu’«une guerre peut être gagnée sans même avoir été lancée. Il est possible de remporter la victoire si l’adversaire sait qu’il est vulnérable à une attaque instantanée et non détectable, écrasante et dévastatrice, sans qu’il puisse se défendre ou exercer des représailles».

C’est «un pays qui aspire à rester le seul Etat dans l’histoire à exercer une domination militaire complète sur terre, dans les airs, sur les mers et dans l’espace.»

«Qui maintient et étend des bases militaires et des troupes, des groupes de bataille formés de porte-avions et de bombardiers stratégiques sous presque toutes les latitudes et longitudes. Qui possède pour ce faire un budget de guerre record depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale: 708 milliards de dollars pour le prochain exercice fiscal».

«…le premier pays à avoir mis au point et utilisé des armes atomiques.»

«…les USA conservent 1 550 ogives nucléaires déjà déployées et 2 200 (ou 3 500 selon certains calculs) de plus entreposées, et une triade de vecteurs de lancement terrestres, aériens et sous-marins».

«Leur arsenal non nucléaire utilisé pour neutraliser et détruire les défenses aériennes et stratégiques, potentiellement toutes les forces militaires importantes d’autres nations, sera constitué de missiles balistiques intercontinentaux, de missiles balistiques adaptés pour être lancés à partir de sous-marins, de missiles de croisière et de bombardiers hypersoniques, et de bombardiers stratégiques "super-furtifs" non détectables par les radars et donc capables de déjouer les défenses terrestres et aériennes.»

Rozoff énumère les nombreuses conférences de presse, réunions et déclarations de ces derniers mois en provenance des chefs de l’état-major interarmes et de hauts fonctionnaires de l’administration étasunienne.

Il explique les engagements des USA envers l’OTAN et leur coopération renforcée avec leurs alliés du Proche-Orient, autrement dit, en premier lieu, Israël. Il écrit:

«Les USA intensifient aussi leurs programmes de guerre spatiale et cybernétique afin d’être en mesure de paralyser les systèmes de surveillance et de commandement militaires, de contrôle, de communications, d’informatique et de renseignement d’autres nations, les laissant absolument sans défense sauf au niveau tactique le plus élémentaire.»

Il rappelle que la Russie et les USA ont signé à Prague, le 8 avril dernier, le nouveau Traité START qui «ne contient aucune contrainte sur la capacité actuelle ou planifiée des USA en matière d’attaque conventionnelle globale rapide.»

Il rapporte de nombreuses nouvelles à ce sujet et donne un exemple éloquent sur les visées des USA:

« Le département de la Défense explore actuellement toute la gamme de technologies et de systèmes concernant la capacité d’attaque conventionnelle globale rapide qui pourrait offrir au président des choix plus crédibles et techniquement viables pour faire face à de nouvelles menaces en évolution.»

Je suis d’avis qu’aucun président, voire le chef militaire le plus expert, n’aurait un instant pour savoir quoi faire si cela n’était pas déjà programmé dans les ordinateurs.

Rozoff, imperturbable, rappelle l’analyse faite par Elaine Grossman sur Global Security Network dans un article intitulé  «Les essais concernant le missile d’attaque globale pourraient coûter 500 millions de dollars»:

«L’administration Obama a demandé 239,9 millions de dollars au profit des services militaires à des fins de recherche-développement sur une attaque globale instantanée pour l’exercice fiscal 2011…. Si le financement se maintient au niveau prévu dans les années à venir, le Pentagone aura dépensé quelque 2 milliards de dollars pour cette capacité d’attaque globale instantanée d’ici la fin de l’exercice fiscal 2015, selon les documents budgétaires soumis au Capitole ce dernier mois.»

«Un scénario tout aussi horrifiant au sujet des effets d’une attaque conventionnelle globale rapide, cette fois en version maritime, est apparu voilà trois ans dans la revue Popular Mechanics:

«Un sous-marin atomique classe Ohio émerge dans le Pacifique, attendant l’ordre de tir du président. Quand celui-ci arrive, le sous-marin tire un missile balistique Trident-II de 65 tonnes qui atteint en deux minutes plus de 22 000 km/heure. Il accélère au-dessus des océans et dans l’espace extra-atmosphérique sur des milliers de kilomètres.

«Au sommet de la parabole, en suspension dans l’espace, les quatre ogives du Trident se séparent et commencent à redescendre vers la planète.

«Les ogives, qui voyagent à près de 21 000 km/h, sont remplies de tringles de tungstène, un métal deux fois plus résistant que l’acier.

«Les ogives explosent juste au-dessus de l’objectif, répandant sur la zone des milliers de tringles, dont chacune est douze fois plus destructrice qu’une balle calibre 50. Tout ce qui se trouve dans un rayon de 280 m2 autour de ce tourbillon métallique est anéanti»

Rozoff explique ensuite la colonne écrite le 7 avril, sous le titre: «La surprise nucléaire d’Obama», par l’ancien chef de l’Etat-major interarmes russe, le général Leonid Ivachov, qui, après avoir fait référence au discours prononcé par le président étasunien à Prague, un an avant – «l’existence de milliers d’armes nucléaires est l’héritage le plus dangereux de la Guerre froide» – et à sa signature de START II dans cette même ville, le 8 avril dernier, affirme:

«L’histoire des USA durant le siècle dernier n’offre aucun exemple que les élites étasuniennes aient fait le moindre sacrifice pour l’humanité ou pour les peuples d’autres pays. Serait-il dès lors réaliste d’attendre que l’arrivée à la Maison-Blanche d’un président afro-étasunien change la philosophie politique de ce pays traditionnellement axée sur la domination mondiale? Ceux qui croient à quelque chose de pareil devraient alors se demander pourquoi les USA – le pays dont le budget militaire dépasse déjà celui de tous les autres pays du monde réunis – continuent de dépenser des sommes d’argent énormes pour se préparer à la guerre.»

Le général russe affirme:

«Le concept d’Attaque globale immédiate implique une frappe concentrée par des milliers d’armes conventionnelles de précision durant deux à quatre heures, qui détruirait complètement les infrastructures vitales du pays cible et le forcerait donc à capituler.»

«Le concept d’Attaque globale immédiate vise à maintenir le monopole des USA dans le domaine militaire et à creuser l’écart entre eux et le reste du monde. De pair avec le déploiement de missiles de défense censés blinder les USA face à des frappes de représailles russes et chinoises, l’initiative d’Attaque globale immédiate est en train de faire de Washington le dictateur mondial de l’ère moderne.»

«Par essence, la nouvelle doctrine nucléaire est un élément de la nouvelle stratégie de sécurité étasunienne qu’on pourrait mieux décrire comme stratégie de l’impunité totale. Les USA dopent leur budget militaire, lâchent les rênes de l’OTAN comme gendarme mondial et planifient des manœuvres réelles en Iran pour tester dans la pratique cette initiative d’Attaque globale immédiate. Entre-temps, Washington parle d’un monde absolument exempt d’armes nucléaires.»

Au fond, Obama prétend leurrer le monde en parlant d’une humanité exempte d’armes nucléaires, lesquelles seraient remplacées par d’autres extrêmement destructrices, mais mieux adaptées à la volonté de terroriser les dirigeants des Etats et de garantir cette nouvelle stratégie d’impunité totale.

Les Yankees croient que la reddition de l’Iran est proche. Dans ce sens, on s’attend à ce que l’Union européenne fasse connaître son propre train de sanctions le 26 juillet.

Les 5+1 se sont réunis la dernière fois le 2 juillet, après que le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que «son pays reprendrait les négociations fin août avec la participation du Brésil et de la Turquie».

Un haut fonctionnaire de l’UE «a averti que ni le Brésil ni la Turquie ne seront invités à ces conversations, du moins pas à ce niveau».

«Le ministre des Affaires étrangères iranien, Manouchehr Mottaki, s’est déclaré partisan de défier les sanctions internationales et de continuer d’enrichir l’uranium.»

Depuis le mardi 5 juillet où l’Union européenne a réitéré qu’elle prendrait de nouvelles mesures, l’Iran a répondu qu’il ne négociera pas avant septembre.

Les possibilités de surmonter cet obstacle insurmontable diminuent de jour en jour.

Ce qui va se passer est si évident qu’on peut le prévoir d’une façon quasi exacte.

Je dois de mon côté faire mon autocritique: j’ai commis l’erreur d’affirmer dans mes Réflexions du 27 juin que le conflit éclaterait le jeudi, le vendredi ou, au plus tard, le samedi. On savait alors que des bâtiments de guerre israéliens naviguaient vers l’Iran aux côtés des forces navales yankees, et que l’ordre d’arraisonner les cargos iraniens avait déjà été donné.

J’avais toutefois négligé une étape préalable: que l’Iran refuse concrètement l’inspection de ses cargos. Analysant le langage tortueux de la résolution du Conseil de sécurité imposant des sanctions à ce pays, je n’ai pas fait attention à ce détail sans lequel le mandat de perquisition ne pouvait être pleinement valable. C’était tout ce qu’il manquait.

Le délai de soixante jours fixé par le Conseil de sécurité le 9 juin pour recevoir des informations sur la mise en œuvre de sa Résolution prendra fin le 8 août.

Mais il s’est passé en fait quelque chose de plus lamentable. J’ai travaillé à partir du dernier document élaboré sur ce thème épineux par notre ministère des Relations extérieures, lequel ne contenait pas deux paragraphes cruciaux, les derniers de cette Résolution, que voici:

«36.  Demande au Directeur général de l’AIEA de présenter dans les 90 jours au Conseil des gouverneurs de l’AIEA et parallèlement, pour examen, au Conseil de sécurité un rapport concernant la suspension complète et durable par l’Iran de toutes les activités mentionnées dans la résolution 1737 (2006) et l’application par ce pays de toutes les mesures prescrites par le Conseil des gouverneurs et des décisions énoncées dans les résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et dans la présente résolution;

«37.  Affirme qu’il examinera les mesures prises par l’Iran au vu du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus, qui doit être présenté dans un délai de 90 jours, et: a) qu’il suspendra l’application des mesures susmentionnées si l’Iran suspend, et aussi longtemps qu’il suspendra, toutes les activités liées à l’enrichissement et au retraitement, y compris la recherche-développement, sous vérification de l’AIEA, pour ouvrir la voie à des négociations de bonne foi permettant de parvenir rapidement à un résultat mutuellement acceptable; b) qu’il mettra fin aux mesures visées aux paragraphes 3, 4, 5, 6, 7 et 12 de la résolution 1737 (2006), aux paragraphes 2, 4, 5, 6 et 7 de la résolution 1747 (2007), aux paragraphes 3, 5, 7, 8, 9, 10 et 11 de la résolution 1803 (2008) et aux paragraphes 7, 8, 9, 10, 11, 12, 13, 14, 15, 16, 17, 18, 19, 21, 22, 23 et 24 ci-dessus dès qu’il aura constaté, après réception du rapport visé au paragraphe précédent, que l’Iran respecte pleinement les obligations que lui imposent ses résolutions pertinentes et se conforme aux exigences du Conseil des gouverneurs de l’AIEA, et que celui-ci l’aura confirmé; c) que, au cas où  il ressortirait du rapport demandé au paragraphe 36 ci-dessus que l’Iran n’a pas appliqué les dispositions des résolutions 1737 (2006), 1747 (2007) et 1803 (2008) et de la présente résolution, il adoptera, en vertu de l’Article 41 du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies, toutes autres mesures qui pourraient être requises pour  persuader l’Iran de se conformer à ces résolutions et aux exigences de l’AIEA, et  souligne que de nouvelles décisions devront être prises si de telles mesures additionnelles s’avéraient nécessaires…»

Un compagnon du ministère, sans doute épuisé par le travail de nombreuses heures consistant à faire des copies de tous les documents, s’est endormi. Si j’ai pu découvrir cet oubli, c’est parce que je désirais avoir toute l’information possible et échanger des vues sur ces questions délicates.

A mon avis, les Etats-Unis et leurs alliés de l’OTAN ont dit leur dernier mot. Deux puissants Etats dotés d’autorité et de prestige n’ont pas exercé leur droit de veto pour bloquer cette résolution perfide de l’ONU. C’était pourtant là la seule possibilité de gagner du temps à la recherche d’une formule pour sauver la paix, un objectif qui leur aurait procuré plus d’autorité pour continuer de se battre en sa faveur.

Aujourd’hui, tout est suspendu à un mince fil.

J’ai cherché avant tout à mettre en garde l’opinion publique internationale sur le cours des événements.

J’y suis arrivé en partie en observant ce qu’il se passait, en ma qualité de dirigeant politique qui a affronté pendant de longues années l’Empire, ses blocus et ses crimes inqualifiables. Mais je ne le fais pas par esprit de vengeance.

Je n’hésite pas à courir le risque de compromettre ma modeste autorité morale.

Je continuerai d’écrire plusieurs autres Réflexions sur ce point en juillet et en août pour aller plus loin, sauf incident qui déclenche les armes meurtrières braquées les unes sur les autres.

J’ai beaucoup apprécié les derniers matchs de la Coupe du monde de football et les matchs de volley-ball de la Ligue mondiale où notre courageuse équipe s’est qualifiée à la tête de son groupe.

Fidel Castro Ruz, le 11 juillet 2010, 20 h 14

Traduction ESTI

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L'IMPOSSIBLE BONHEUR

J’ai promis d’être l’homme «le plus heureux du monde si je me trompais», et mon bonheur, hélas, durerait bien peu.

La Coupe du monde de football n’est pas encore terminée: la finale aura lieu dans six jours.

Quelle occasion extraordinaire perdront alors l’empire yankee et l’Etat fasciste d’Israël pour dévier l’esprit de l’immense majorité des habitants de la planète de leurs problèmes fondamentaux!

Qui se sera rendu compte des plans sinistres ourdis par l’empire contre de l’Iran et de ses grossiers prétextes pour l’attaquer ?

Je me demande ce que font pour la première fois dans l’histoire les navires de guerre israéliens dans les eaux du Golfe persique, du détroit d’Ormuz et de l’espace maritime iranien.

Peut-on supposer que les porte-avions nucléaires yankees et les bâtiments de guerre israéliens repartiraient de là, la queue entre les jambes, au cas où pourraient s’exécuter les exigences contenues dans la Résolution 1929 votée le 9 juin 2010 par le Conseil de sécurité des Nations Unies, laquelle autorise l’inspection des navires et des avions iraniens sur le territoire de n’importe quel Etat et, en l’occurrence, en haute mer?

Cette Résolution stipule aussi que l’inspection des bateaux iraniens ne se réalisera pas sans le consentement de l’Iran et que le refus ferait l’objet d’une analyse.

Elle autorise aussi à saisir les biens inspectés s’il se confirmait que ceux-ci en violent les dispositions.

Un Iran désarmé a été victime d’une cruelle guerre contre l’Irak au cours de laquelle les masses des Gardiens de la révolution nettoyaient les champs de mines en avançant dessus.

Ce n’est plus le cas aujourd’hui. J’ai rappelé dans des Réflexions précédentes que Mahmoud Ahmadinejad avait été le chef des Gardiens de la révolution dans l’Ouest iranien qui supporta le gros de cette guerre.

Des années après, un gouvernement iraquien enhardi dépêcha une bonne partie de sa Garde républicaine au Koweït pour annexer cet Emirat arabe riche en pétrole, qui fut une proie facile.

Cuba avait des liens étroits avec le gouvernement iraquien et lui avait prêté, tout le temps qu’il n’était en guerre avec personne, d’importants services de santé. Notre pays s’efforça de le persuader d’abandonner le Koweït et de renoncer à la guerre qu’il avait déclenchée à partir de vues erronées.

On sait aujourd’hui qu’une médiocre ambassadrice yankee, qui avait d’excellentes relations avec le gouvernement iraquien, l’induisit à commettre cette erreur.

Bush père attaqua son ancien ami, à la tête d’une puissante coalition à forte composante arabo-islamo-sunnite de pays approvisionnant en pétrole une bonne partie des nations industrialisées et riches, laquelle avança depuis le sud de l’Irak pour couper le repli sur Bagdad de la Garde républicaine qui put atteindre la capitale en raison de la prudence de l’infanterie de marine et des forces armées des USA, commandées par Colin Powell, un général prestigieux qui fut ensuite secrétaire d’Etat de George W. Bush.

C’est par pure vengeance qu’on utilisa contre elle des projectiles contaminés à l’uranium appauvri afin de tester pour la première fois les dommages qu’ils pourraient causer aux soldats ennemis.

L’Iran, cette nation qui professe la religion musulmane chiite et qui est aujourd’hui menacée par des forces des trois armes, ne ressemble en rien à la Garde républicaine qu’ils ont attaquée impunément en Irak.

L’empire est sur le point de commettre une erreur irrémédiable sans que rien ne puisse l’en empêcher. Il avance inexorablement vers une destinée sinistre.

Tout ce qu’on peut affirmer, c’est que les quarts de finale de la Coupe du monde de football se sont bel et bien déroulés.  Ainsi, les supporteurs ont pu suivre des parties passionnantes où l’on a vu des choses incroyables. En trente-six ans - seul l’ordinateur permet de faire de pareils calculs –, les Pays-Bas n’avait jamais perdu une partie de coupe du monde un vendredi.

Et le fait est que le Brésil a été éliminé en quarts de finale: un arbitre s’en est chargé. C’est du moins l’impression que n’a cessé de répéter un excellent chroniqueur de la télévision cubaine, bien que la FIFA  ait validé ensuite la décision de l’arbitre.

Un peu plus tard, ce même arbitre a laissé le Brésil avec seulement dix joueurs à un moment décisif, alors qu’il restait encore à jouer plus de la moitié de la deuxième mi-temps. Ce ne fut sûrement pas son intention.

L’Argentine a été éliminée hier. L’équipe allemande a, dès les premières minutes, surpris sa défense trop confiante et son gardien, et a marqué par l’intermédiaire de son milieu de terrain Müller. Par la suite, les avants argentins ont eu au moins dix occasions de but contre une pour les Allemands, mais sans marquer une seule fois. C’est au contraire l’Allemagne qui a marqué trois buts de plus, et même la chancelière fédérale Angela Merkel applaudissait à tout rompre.

Ainsi, de nouveau, une des équipes favorites a perdu, et plus de 90 % des supporteurs cubains en sont restés abasourdis.

L’immense majorité des amateurs de ce sport ne savent même pas sur quel continent se trouve l’Uruguay. Une finale entre pays européens serait la chose la plus incolore et antihistorique depuis que ce sport a vu le jour.

En revanche, des événements se sont déroulés dans l’arène internationale qui n’ont rien à voir avec les jeux de hasard, mais bel et bien avec la logique élémentaire qui régit les destinées de l’empire.

Une série de nouvelles est tombée les 1er, 2 et 3 juillet.

Elles tournent toutes autour d’un fait: les grandes puissances représentées au Conseil de sécurité des Nations Unies et ayant droit de veto, plus l’Allemagne, ont, le 2 juillet, exhorté le gouvernement iranien à «répondre promptement» à l’invitation qui lui a été faite de reprendre les négociations sur son programme nucléaire.

Le président Barack Obama avait signé la veille une loi qui élargit les mesures existant contre les secteurs énergétique et bancaire de l’Iran et qui sanctionne les compagnies qui feraient des affaires avec Téhéran. Bref, blocus rigoureux et étranglement de l’Iran.

Le président Mahmoud Ahmadinejad a affirmé que son pays reprendra les conversations fin août et a souligné que le Brésil et la Turquie, les deux seuls membres du Conseil de sécurité qui se sont opposés aux sanctions, le 9 juin, devaient y participer.

Un haut fonctionnaire de l’Union européen a averti, d’un ton hautain, que ni le Brésil ni la Turquie ne seraient invités à prendre part aux négociations.

Il n’en faut guère plus pour tirer les conclusions pertinentes.

Aucune des parties ne cédera: l’une, par arrogance de puissant; l’autre, par la résistance au joug et par la capacité de combattre, comme cela est arrivé si souvent dans l’histoire de l’homme.

Le peuple iranien, aux traditions culturelles millénaires, se défendra sans aucun doute des agresseurs. Il est incompréhensible qu’Obama croie sérieusement qu’il se pliera à ses exigences.

Le président et les leaders religieux de ce pays, s’inspirant de la Révolution islamique de Ruhollah Khomeiny, le créateur des Gardiens de la révolution, des forces armées modernes et du nouvel Etat iranien, résisteront.

Quant à nous, les peuples pauvres du monde, qui n’avons pas la moindre responsabilité dans le colossal imbroglio créé par l’impérialisme, situés dans ce continent-ci au sud des Etats-Unis, ou situés à l’Ouest, au Centre et au Sud de l’Afrique, et les autres du reste de la planète qui pourraient s’en sortir indemnes, nous ne pouvons que faire face aux conséquences catastrophiques de la guerre atomique qui éclatera sous peu.

Je n’ai, hélas, rien à rectifier et j’assume pleinement la responsabilité de ce que j’ai écrit dans mes dernières Réflexions.

Fidel Castro Ruz, le 4 juillet 2010, 17 h 36

Traduction ESTI

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30 juin 2010

CONNAÎTRE LA VÉRITÉ À TEMPS

À mesure que j’écrivais chacune des mes Réflexions antérieures et qu’une catastrophe pour l’humanité s’approchait à toute allure, mon plus grand souci était ce que je considérais un devoir élémentaire: informer le peuple cubain.

Aujourd’hui, je suis plus apaisé que voici vingt-six jours. Comme il continue de se produire des événements sur le court terme, je peux reprendre et enrichir les informations que j’adresse à l’opinion publique nationale et internationale.

Obama s’est engagé à assister aux matchs des quarts de finale, le 2 juillet, si son pays passait les huitièmes. Il aurait dû savoir mieux que personne que ces quarts de finale ne pourraient pas se dérouler, car de très graves événements surviendraient avant.

Vendredi dernier, 25 juin, une agence de presse internationale connue pour la minutie avec laquelle elle détaille les informations qu’elle élabore, a publié des déclarations du «commandant de la marine du corps d’élite des Gardiens de la révolution islamique, le général Ali Fadavi», qui avertissait: «Si les Etats-Unis et leurs alliés inspectent des bâtiments iraniens dans les eaux internationales, ils recevront une réponse dans le golfe Persique et dans le détroit d’Ormuz.»

La nouvelle provient de l’agence de presse iranienne Mehr, qui informe: «La  marine des Gardiens de la révolution compte des centaines de bateaux équipés de lance-missile.»

Cette dépêche, élaborée presque à la même heure que ce que publiait Granma, voire avant, semblait sur certains points une copie conforme des paragraphes des Réflexions que j’ai rédigées le jeudi 24 juin et que le journal a publiées le vendredi 25.

La coïncidence s’explique parce que nous partons tous deux d’un raisonnement logique, auquel je recours toujours. Je ne savais rien de ce qu’avait publié l’agence iranienne.

Je n’ai pas le moindre doute qu’à peine les bâtiments de guerre des USA et d’Israël auront occupé leurs postes – auprès des navires étasuniens patrouillant déjà aux abords des côtes iraniennes – et tenteront d’inspecter le premier cargo de ce pays, une pluie de projectiles s’abattra dans une direction et dans l’autre. Ce sera le moment exact où une terrible guerre débutera. Il est impossible de prévoir combien de navires couleront ni de quels pavillons ils seront.

Connaître la vérité à temps est le plus important pour notre peuple.

Peu importe que presque tous mes compatriotes – 99,9 % ou plus, pourrais-je dire – conservent par instinct naturel l’espoir que je me trompe et partagent mon souhait sincère dans ce sens. J’ai parlé avec des personnes des milieux qui me sont les plus proches et reçu aussi des nouvelles de nombreux citoyens généreux, dévoués et doués du sens du devoir qui, à la lecture de mes Réflexions, n’en contestent absolument pas les analyses, assimilent, croient et acceptent mes raisonnements, mais qui, toutefois, se mettent aussitôt au travail auquel ils consacrent leurs énergies.

C’est justement ce que nous attendons de nos compatriotes. Le pire serait qu’ils apprennent soudainement le déclenchement de gravissimes événements, sans avoir jamais été informés de cette éventualité, et qu’ils soient la proie du désarroi et de la panique, ce qui serait indigne d’un peuple aussi héroïque que le peuple cubain qui a failli être la cible d’une attaque nucléaire massive en octobre 1962 et qui n’a pas hésité un instant à faire son devoir.

Au cours de nos héroïques missions internationalistes, les combattants et les chefs courageux de nos Forces armées révolutionnaires ont failli aussi être la cible d’attaques nucléaires quand ils s’approchaient de la frontière méridionale de l’Angola d’où les forces racistes sud-africaines avaient été délogées après la bataille de Cuito Cuanavale et se retranchaient à la frontière namibienne.

Le Pentagone, avec l’assentiment du président étasunien, avait fourni aux racistes sud-africains, par Israël interposé, environ quatorze armes nucléaires plus puissantes que celles qui sont tombées sur les villes japonaises d’Hiroshima et de Nagasaki, comme je l’ai expliqué dans d’autres Réflexions.

Je ne suis ni prophète ni devin. Personne ne m’a rien dit de ce qui allait se passer: tout a été le fruit de ce que je qualifie de raisonnement logique.

Nous ne sommes pas des novices ni des intrus dans ce thème compliqué.

Après la crise nucléaire, on peut augurer de ce qu’il surviendra dans le reste de l’Amérique ibérique.

Dans ces circonstances, on ne pourra pas parler de capitalisme ou de socialisme. S’ouvrira une étape de gestion des biens et services disponibles dans cette partie du continent. Ceux qui gouvernent aujourd’hui les pays continueront forcément de le faire, plusieurs très proches du socialisme et d’autres euphoriques devant l’ouverture d’un marché mondial de carburants, d’uranium, de cuivre, de lithium, d’aluminium, de fer et d’autres métaux envoyés aux pays développés et riches, marché qui disparaîtra soudain.

Des aliments qui s’exportent aujourd’hui abondamment sur ce marché mondial disparaîtront aussi d’une manière abrupte.

Dans de telles circonstances, les produits les plus élémentaires nécessaires à la vie: les aliments, l’eau, les carburants et les ressources du sous-continent au sud des USA abondent pour maintenir un peu de cette civilisation qui, dans son avancée désordonnée, a conduit l’humanité à une pareille catastrophe.

De graves incertitudes continuent toutefois de planer: les deux plus puissantes nations nucléaires, les Etats-Unis et la Russie, pourront-elles s’abstenir d’employer leurs armes atomiques l’une contre l’autre?

Ce qui ne fait pas le moindre doute, c’est que les armes atomiques de la Grande-Bretagne et de la France, alliées des Etats-Unis et d’Israël – qui ont imposé, enthousiastes, la résolution qui déclenchera inévitablement la guerre, laquelle, pour les raisons que j’ai expliquées, deviendra aussitôt nucléaire – menacent le territoire russe, bien que la Russie et la Chine aient tenté d’éviter ce dénouement dans la mesure de leurs forces et de leurs possibilités.

L’économie de la superpuissance s’effondrera comme un château de cartes. La société étasunienne est la moins préparée à supporter une catastrophe comme celle que l’Empire a provoquée là où il a vu le jour.

Nous ignorons quels seront les effets des armes nucléaires sur l’environnement, lesquels se déclencheront inévitablement à plusieurs endroits de notre planète et, dans la variante la moins grave, seront nombreux.

Aventurer des hypothèses de ma part serait faire de la science-fiction.

Fidel Castro Ruz, le 27 juin 2010, 14 h 15

Traduction ESTI

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28 juin 2010

J'AIMERAIS TELLEMENT ME TROMPER !

Quand Granma publiera ces lignes demain vendredi, le 26 Juillet, ce jour où nous évoquons toujours avec fierté l’honneur d’avoir résisté aux coups de boutoir de l’Empire, sera encore lointain, même si à peine trente-deux jours nous en séparent.

Ceux qui décident de chaque pas du pire ennemi de l’Humanité – l’impérialisme étasunien, ce mélange de sordides intérêts matériels, de  mépris et de sous-estimation des autres habitants de la planète – ont tout calculé avec une précision mathématique.

J’ai écrit dans mes Réflexions du 16 juin: «On nous glisse diaboliquement les nouvelles entre deux matchs de la Coupe du monde de football, de sorte que personne ne s’en soucie…»

La fameuse compétition sportive est entrée dans ses moments les plus passionnants. Pendant quatorze jours, les équipes formées par les meilleurs joueurs de trente-deux pays se sont battus pour accéder aux huitièmes de finale; viendront ensuite les quarts de finale, les demi-finales et la finale.

La passion sportive ne cesse de croître, envoûtant des centaines de millions, voire des milliards de personnes dans le monde.

Je me pose une question: combien savent, en revanche, que des bâtiments de guerre étasuniens, dont le porte-avions Harry S. Truman, escorté d’un ou de plusieurs sous-marins atomiques et d’autres navires de guerre dotés de missiles et de canons plus puissants que ceux des vieux cuirassés de la dernière guerre mondiale (1939-1945), ont franchi le canal de Suez en direction des côtes iraniennes?

Les forces navales yankees sont accompagnées de navires de guerre israéliens équipés eux aussi d’armements de pointe, pour inspecter n’importe quel bateau chargé des exportations et des importations des produits commerciaux dont l’économie iranienne a besoin pour fonctionner.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies a, sur proposition des USA soutenus par la Grande-Bretagne, la France et l’Allemagne, voté une dure résolution à laquelle aucun des cinq pays titulaires n’a opposé son droit de veto.

Le Sénat étasunien a voté une résolution plus dure.

Plus tard, l’Union européenne en a voté une autre encore plus dure. Tout ceci a eu lieu avant le 20 juin, ce qui explique pourquoi le président français, Nicolas Sarkozy, s’est rendu d’urgence en Russie pour s’entretenir avec le chef d’Etat de ce puissant pays, Dmitri Medvedev, dans l’espoir de négocier avec l’Iran et d’éviter le pire.

Il s’agit maintenant de calculer quand les forces navales étasuniennes et israéliennes se déploieront en face des côtes iraniennes afin de s’unir aux porte-avions et autres bâtiments des USA qui montent déjà la garde dans cette région.

Le pire, c’est que, à l’instar des USA, Israël, leur gendarme du Moyen-Orient, possède des avions d’attaque dernier cri et des armes atomiques très modernes que ceux-ci lui ont fournies, ce qui en fait, par sa force de frappe, la sixième puissance nucléaire des huit reconnues comme telles, dont l’Inde et le Pakistan.

En 1979, l’ayatollah Ruhollah Khomeini avait renversé le shah d’Iran sans employer une seule arme. Plus tard, les USA imposèrent à ce pays une guerre au cours de laquelle l’Irak utilisa des armes chimiques –dont ils lui avaient fourni les composants en même temps que les renseignements dont avaient besoin ses unités de combat– contre les Gardiens de la Révolution iranienne. Cuba le sait parce que, comme je l’ai expliqué d’autres fois, elle présidait alors le Mouvement des pays non alignés. Nous savons bien les ravages causés à la population iranienne. Mahmoud Ahmadinejad, le chef d’Etat iranien actuel, commandait la sixième armée des Gardiens de la Révolution et les Corps des Gardiens dans les provinces occidentales du pays qui supportèrent le gros de cette guerre.

Aujourd’hui, en 2010, comme voilà trente et un ans, les Etats-Unis et Israël sous-estiment le million de soldats des Forces armées iraniennes, leur capacité de combat terrestre, ainsi que les forces aériennes, maritimes et terrestres des Gardiens de la Révolution.

Il faut ajouter à celles-ci les millions d’hommes et de femmes âgés de douze à soixante ans, choisis et entraînés systématiquement par les diverses institutions militaires, parmi les soixante-dix millions d’habitants du pays.

L’administration étasunienne a tracé un plan pour déclencher un mouvement politique qui, se fondant sur la soif de consommation capitaliste, aurait divisé les Iraniens et renversé leur gouvernement.

Cet espoir n’est plus qu’une lubie. Il est risible de penser que les bâtiments de guerre étasuniens et israéliens puissent éveiller les sympathies d’un seul citoyen iranien!

J’avais cru au départ, après avoir analysé la situation, que la guerre commencerait dans la Péninsule de Corée, où se trouve le détonateur de la deuxième guerre coréenne qui, à son tour, donnerait lieu immédiatement à la seconde guerre imposée à l’Iran par les USA.

La réalité actuelle change la donne, en sens inverse: la guerre d’Iran déclenchera aussitôt celle de Corée.

Les dirigeants nord-coréens, accusés d’avoir coulé le Cheonan, mais qui savent pertinemment que cette corvette a été coulée par une mine que les services de renseignement yankees ont collée à sa coque, ne perdront pas une seconde et agiront dès que l’attaque sera déclenchée contre l’Iran.

Il est tout à fait légitime que les supporteurs se passionnent pour la Coupe du monde de football. Moi, je fais mon devoir en mettant notre peuple en garde, et je pense surtout à notre jeunesse pleine de vie et d’espoirs, en particulier à nos merveilleux enfants, pour que les faits ne nous prennent pas à l’improviste.

Je souffre de penser à tant de rêves conçus par les être humains et aux créations étonnantes qu’ils ont été capables d’engendrer en seulement quelques milliers d’années.

Quand les rêves les plus révolutionnaires sont en train de se concrétiser et que la patrie se redresse fermement, j’aimerais tellement me tromper !

Fidel Castro Ruz, le 24 juin 2010, 21 h 34

Traduction ESTI

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LE COUP DE GRIFFE EN SUSPENS

J’ai écrit mes Réflexions du mardi 8 juin, «Au seuil de la tragédie» en début d’après-midi. Plus tard, j’ai regardé le programme de la télévision, «Table ronde», de Randy Alonso, qui débute en général à 18 h 30.

Ce jour-là, de prestigieux intellectuels cubains qui participaient à ce programme, soumis aux questions pertinentes du directeur, répondirent avec éloquence qu’ils respectaient beaucoup mon opinion, mais qu’ils ne croyaient pas qu’il y ait des raisons pour que l’Iran rejette l’éventuelle résolution  –connue alors– que devait adopter le Conseil de sécurité de New York, le 9 juin au matin et qui avait été sans aucun doute concertée entre les dirigeants des trois puissances ayant le droit de veto, les Etats-Unis, l’Angleterre et la France, avec leur homologues de Russie et de Chine, qui le possèdent aussi.

A cet instant, j’ai dit aux personnes proches qui m’accompagnent d’ordinaire: «Que je regrette de n’avoir pas conclu mes Réflexions en disant que personne plus que moi ne souhaite se tromper», mais il était tard et je ne pouvais en retarder l’envoi au site web CubaDebate et au journal Granma.

Le lendemain, comme je savais que la réunion du Conseil de sécurité s’ouvrait à 10 heures, j’ai eu l’idée de mettre CNN en espagnol qui devait sans aucun doute donner des nouvelles du débat. De fait, j’ai pu écouter le discours par lequel son président présentait un projet de résolution soumis quelques jours avant par les Etats-Unis et soutenu par la France, le Royaume-Uni et l’Allemagne.

Des représentants des principaux Etats impliqués dans ce projet ont pris la parole. La représentante des USA a expliqué pourquoi son pays le votait, sous le prétexte éculé qu’il fallait punir l’Iran d’avoir violé les principes du Traité de non-prolifération nucléaire. De son côté, le représentant de la Turquie, dont l’un des navires de la flottille qui apportait des aliments au million et demi de Palestiniens assiégés dans un morceau de leur patrie, avait été victime de la brutale attaque héliportée des troupes d’élites israéliennes, au petit matin du 31 mai, a fait savoir que son gouvernement s’opposait à de nouvelles sanctions contre l’Iran.

CNN, dans son créneau de nouvelles, a présenté des images de mains levées en fonction des prises de position, dont celle du représentant du Liban, qui fit savoir que son pays s’abstiendrait.

On peut résumer l’attitude des membres du Conseil de sécurité qui ont voté contre la résolution dans la main droite sereine et ferme de la représentante du Brésil qui avait exposé d’un ton sûr les raisons pour lesquelles son pays s’y opposait.

Comme il y avait encore des tas de nouvelles sur ce point, je suis allé sur TeleSur qui a étanché pendant des heures ma soif insatiable d’informations.

Le président Lula da Silva a prononcé à Natal, dans le  Nord-Est du Brésil, deux phrases lapidaires: les sanctions étaient imposées par «ceux qui croient à la force, et non au dialogue»; la réunion du Conseil de sécurité «aurait pu servir à discuter du désarmement des pays qui ont des armes atomiques».

Il ne serait pas étonnant qu’Israël et les Etats-Unis, ainsi que leurs étroits alliés ayant droit de veto au Conseil de sécurité –la France et le Royaume-Uni– veuillent profiter de l’énorme intérêt que soulève la Coupe du monde de football pour rassurer l’opinion internationale indignée par la conduite criminelle des troupes d’élite israéliennes face à la Bande de Gaza.

Il est donc très probable que le coup de griffe soit retardé de quelques semaines, voire que la plupart des gens oublient cette question durant les chaudes journées d’été. Il ne restera plus qu’à observer le cynisme dont les dirigeants israéliens feront étalage quand la presse les mitraillera de questions dans les prochains jours. Le puissant Empire, le moment voulu,  élèvera toujours plus la barre en matière d’exigences avant d’appuyer sur la gâchette. Il rêve de répéter l’histoire de Mossadegh en 1953 ou de ramener l’Iran à l’âge de pierre, une menace dont il aime user dans ses rapports avec le Pakistan.

L’Etat d’Israël voue une telle haine aux Palestiniens qu’il n’hésiterait pas à envoyer le million et demi d’hommes, de femmes et d’enfants de Gaza aux fours crématoires dans lesquels les nazis exterminèrent des millions de juifs de tous les âges.

Il semblerait que la croix gammée du Führer soit aujourd’hui le drapeau d’Israël. Je ne le dis pas par haine, j’exprime le sentiment d’un pays qui s’est solidarisé avec les juifs et les a accueillis quand, à la dure époque de la Deuxième Guerre mondiale, le gouvernement de Batista, soumis à l’impérialisme, tenta de renvoyer un navire transportant des juifs de France, de Belgique et des Pays-bas qui avaient échappé aux persécutions nazies.

Au triomphe de la Révolution, j’ai connu de nombreux membres de la communauté juive installée à Cuba; je leur ai rendu visite et je me suis entretenu avec eux à plusieurs reprises. Nous ne les avons jamais expulsés. Les différends sont nés des lois révolutionnaires qui touchaient des intérêts économiques; par ailleurs, la société de consommation attirait beaucoup de juifs, alors que la Révolution impliquait des sacrifices. Beaucoup sont partis, mais d’autres sont restés dans notre patrie, prêtant des services utiles à Cuba.

Un jour ténébreux se lève sur le monde.

Hier, à 12 h 44, Obama a parlé de la résolution du Conseil de sécurité.

En voici quelques extraits, selon la version espagnole de CNN.

«Aujourd’hui, le Conseil de sécurité a voté à la majorité des sanctions contre l’Iran à cause de ses violations réitérées…

«Cette résolution contient les sanctions les plus fortes contre le gouvernement iranien et adresse un message sans ambiguïté quant à la volonté de la communauté internationale de freiner l’expansion des armes atomiques.

«Pendant des années, le gouvernement iranien a violé les obligations qui sont les siennes aux termes du Traité de non-prolifération nucléaire.

«Tout en s’occultant derrière la rhétorique, les dirigeants iraniens continuent d’agir.

«Quand j’ai pris ma fonction voilà seize mois, l’intransigeance iranienne était déjà bien forte.

«Nous lui avons offert des perspectives d’un avenir meilleur s’il respectait ses obligations internationales.

«Ici, il n’y a pas deux poids deux mesures.

«L’Iran a violé ses obligations de suspendre l’enrichissement de l’uranium en accord avec les résolutions du Conseil de sécurité

«Voilà pourquoi ces mesures sont si sévères.

«Ce sont les plus rigoureuses imposées à l’Iran.

«Ceci prouve qu’il existe une vision commune qu’il ne convient à personne de mettre au point ces armes au Moyen-Orient.»

Cette sélection de phrases du bref discours d’Obama est plus que suffisante pour prouver combien la politique du puissant Empire est faible, inconsistante et injustifiable.

Obama avait admis dans son allocution à l’Université islamique Al-Azhar, du Caire, qu’ «en pleine Guerre froide, les Etats-Unis avaient joué un rôle dans le renversement d’un gouvernement iranien démocratiquement élu», bien qu’il n’ait jamais précisé quand ni dans quel but. Il est même possible qu’il ne se rappelle pas comment les USA renversèrent Mossadegh pour pouvoir installer à sa place la dynastie de Reza Pahlévi, le shah d’Iran, qu’ils armèrent jusqu’aux dents pour en faire leur principal gendarme au Moyen-Orient et qui accumula une immense fortune grâce aux richesses pétrolières du pays.

A l’époque, l’Etat d’Israël ne possédait aucune arme nucléaire. L’Empire disposait, lui, d’une force de frappe atomique énorme et sans rivale. Et c’est alors qu’il eut l’idée aventurière de créer au Moyen-Orient un nouveau gendarme qui menace aujourd’hui une partie considérable de la population mondiale et qui est capable d’agir avec son indépendance et son fanatisme caractéristiques.

Fidel Castro Ruz, le 10 juin 2010, 11 h 59

Traduction ESTI

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AU SEUIL DE LA TRAGÉDIE

Ni Obama ni le président de Corée du Sud n’ont  encore pu, depuis le 26 mars, expliquer ce qu’il est vraiment arrivé à la corvette phare de la marine de guerre de ce dernier pays, le Cheonan, un chasseur sous-marin dernier cri qui participait à des manœuvres avec la marine étasunienne à l’ouest de la presqu’île de Corée, aux limites des deux Républiques, et qui a été coulé, ce qui a entraîné la mort de quarante-six membres d’équipage et fait des dizaines de blessés.

L’embarrassant pour l’Empire, c’est que son allié sait de sources bien informées que la corvette a été coulée par les USA. Il n’y a pas moyen d’occulter ce fait qui l’escortera comme une ombre.

Dans une autre partie du monde, les circonstances s’ajustent aussi à des événements bien plus dangereux qu’en Asie de l’Est et ne peuvent manquer de survenir, sans que le superpuissant Empire ait les moyens de l’éviter.

Israël ne s’abstiendra pas d’activer et d’employer en toute indépendance la considérable force de frappe que les Etats-Unis lui ont procurée. Penser autrement, c’est ignorer la réalité.

Un autre point très grave, c’est que les Nations Unis n’ont de leur côté aucun moyen de changer le cours des événements, et très bientôt les archiréactionnaires au pouvoir en Israël se heurteront à la résistance indomptable de l’Iran, une nation de plus de soixante-dix millions d’habitants et aux traditions religieuses notoires qui n’acceptera les menaces insolentes d’aucun adversaire.

Bref, l’Iran ne pliera pas devant les menaces d’Israël.

Les habitants du monde profitent de plus en plus, comme de bien entendu, des grands événements sportifs, récréatifs, culturels et autres auxquels ils consacrent leur temps libre limité au milieu des devoirs quotidiens qui occupent une grande partie de leur vie.

La Coupe du monde de football qui se déroulera en Afrique du Sud leur prendra dans les prochains jours tout leur temps libre. Ils suivront avec émotion les actions des personnages les plus connus. Ils observeront chaque pas de Maradona et se rappelleront le goal spectaculaire qui donna la victoire à l’Argentine au cours d’une rencontre classique. Un autre Argentin pointe spectaculairement au firmament: petit mais rapide, il apparaît tel l’éclair et marque de la tête ou des jambes à une vitesse insolite. Messi, d’origine italienne, est suivi de près par tous les supporters.

Leur imagination est poussée au délire quand ils voient les nombreux stades où les matchs ont lieu. Les concepteurs et architectes ont créé des ouvrages auxquels le public n’aurait jamais songé.

Il est impossible que les gouvernements, qui vivent de réunion en réunion pour remplir les obligations que la nouvelle époque a déposées sur leurs épaules, aient le temps de connaître l’avalanche de nouvelles que la télévision, la radio et la presse ne cessent de divulguer.

Presque tous dépendent exclusivement des informations que leur font parvenir leurs conseillers. Certains des chefs d’Etat les plus puissants et les plus importants qui prennent les décisions fondamentales ont pour habitude de communiquer entre eux par téléphone portable plusieurs fois par jour. Toujours plus de millions de personnes dans le monde vivent pendus à ces petits appareils dont on ne sait toujours pas quels effets ils ont sur la santé. Et s’évanouit l’envie que nous devrions ressentir de ne pas avoir joui de ces possibilités à notre époque qui s’éloigne à son tour rapidement en très peu d’années, presque sans nous en rendre compte.

On a su hier, au milieu du tourbillon, que le Conseil de sécurité voterait peut-être aujourd’hui une résolution en souffrance pour imposer un quatrième cycle de sanctions à l’Iran qui refusait d’arrêter son enrichissement de l’uranium.

Ce que cette situation a d’ironique, c’est que s’il s’agissait d’Israël, les Etats-Unis et leurs alliés les plus proches diraient aussitôt que ce pays n’a pas signé le Traité de non-prolifération et opposeraient leur veto à la résolution!

En revanche, on accuse l’Iran de juste produire de l’uranium enrichi jusqu’à 20%, mais l’on demande aussitôt l’application de sanctions économiques pour l’asphyxier. Il est évident par ailleurs qu’Israël agira comme à son habitude, avec un fanatisme fasciste, à l’instar des soldats d’élite héliportés en pleine nuit sur les bateaux de la flottille solidaire qui transportait des aliments pour la population assiégée de Gaza, tuant plusieurs personnes et en blessant des dizaines d’autres qui ont été ensuite arrêtées en même que les membres d’équipage.

Il est évident qu’Israël tentera de détruire les installations où l’Iran enrichit une partie de l’uranium qu’il produit, et que l’Iran ne se résignera pas à un traitement aussi inégal.

Les conséquences des magouilles impériales des USA pourraient être catastrophiques et toucheraient l’ensemble des habitants de la planète, bien plus que toutes les crises économiques réunies.

Fidel Castro Ruz, le 8 juin 2010, 12 h 33

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